Chers amis,
Ingrid Betancourt est enfin libre. Son calvaire, celui de ses enfants, de sa famille, de ses proches est terminé au terme de 2401 jours de captivité.
Je veux, simplement et chaleureusement, redire ici l’émotion et le bonheur que j’ai ressenti quand j’ai découvert les premières images, mercredi soir, des images qui nous la montraient en bonne santé, effectuant ses premiers pas de femme libre au terme d’une opération militaire menée par l’armée colombienne.
Ingrid n’était pas la seule otage de la guérilla des F.A.R.C. Elle n’était pas la seule victime d’un pays écrasé par les trafiquants de drogue. Elle n’a pas été la seule à être libérée jeudi. Il reste encore beaucoup d’otages anonymes, parfois oubliés….
Mais Ingrid était devenue un symbole. Un symbole de liberté, de courage, de résistance à l’oppression pour tous ceux qui n’acceptent pas l’injustice, le racket et la terreur de guérilleros devenus narco-trafiquants.
Je suis heureux d’avoir, ce matin, procéder au démontage de cette image qui est installée dans l’Hôtel du département depuis le mois de septembre 2003. Ingrid sera très certainement des nôtres dans quelques semaines, mais je ne voulais pas attendre sa visite pour procéder à ce geste important.
Cinq années durant, les milliers de visiteurs qui circulent dans cet atrium, l’ensemble des agents du Conseil général, ont participé, à leur manière, avec nous, avec vous, à cette chaîne de l’espoir.
L’opération qui a favorisé la libération des quinze otages, est une double leçon.
La première, est terriblement importante dans notre société où nos valeurs et nos certitudes vacillent souvent : l’engagement, la volonté et le courage ne sont jamais inutiles.
La seconde est tout aussi importante, mais ô combien évidente : il ne faut jamais chercher à pactiser avec les ennemis de la liberté et les adversaires de la démocratie.
Ces deux leçons, ces deux certitudes, je l’avoue, sont les axes sur lesquels je fonde mon action et mes engagements.
Alors, permettez-moi de le redire : le goût de la liberté, cette liberté que doivent aussi recouvrer celles et ceux qui restent prisonniers est le plus beau message l’on peut adresser à ceux qui se laissent parfois tenter par le découragement.
Avec le Club de la Presse, qui a été un des fers de lance de la mobilisation en faveur d’Ingrid et avec qui nous nous étions aussi mobilisés pour Florence Aubenas, avec les comités locaux que nous avons reçus à de nombreuses reprises dans ces murs, avec Astrid Betancourt qui a été à l’honneur de la journée de la femme en 2005, saluons le retour parmi nous d’une combattante.
La Colombie est à reconstruire et je suis certain qu’Ingrid entend, très vite, jouer pleinement le rôle que de faux révolutionnaires l’ont empêché de jouer.
Et continuons, ensemble, à nous mobiliser pour les idéaux que porte cette femme courageuse.
Nous avons gagné une bataille, mais la mobilisation doit continuer.
En Colombie, au Proche-Orient, en Afrique, aux marges de la Russie et dans certains des anciens pays du bloc communiste, notre vigilance ne doit pas être prise en défaut.
Sachez, mes amis, que je serai toujours aux avants postes pour ce combat incessant, exigeant, mais ô combien passionnant et toujours nécessaire.
Le combat pour la liberté et les droits de l’homme.
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