A l’occasion des traditionnels vœux à la Presse, ce midi à L’hôtel du Département, Jean-Noël Guérini a prononcé un discours offensif dont voici le propos in extenso. A la suite dudit discours, il a répondu, pugnace et sans langue de bois, aux questions des nombreux journalistes présents :
« Mesdames et Messieurs les journalistes,
Je suis très heureux de vous présenter, à tous et à toutes, mes vœux les plus chaleureux pour 2012. Pour vous, pour vos proches et tous ceux qui vous sont chers, je souhaite une très bonne année.
J’espère aussi que les mois qui viennent, au cours desquels les échéances politiques vont prendre une place importante dans le traitement de l’information, sera bénéfique pour votre profession.
Pour autant, la crise n’épargne personne, et chacun connaît la situation difficile de la presse, confrontée à une mutation de ses outils et de ses modes de fonctionnement.
Avant toute chose, je tiens à rendre hommage à Gilles Jacquier. Il a été victime de la barbarie, en Syrie, et sa disparition nous rappelle combien le métier de journaliste est dangereux. Il est important d’avoir des gens comme lui, courageux, audacieux, volontaires, des hommes et des femmes qui, au péril de leur vie, nous disent « ce qui se passe ». Son regard, sa lucidité, manqueront à France 2 et à la planète médiatique. Je veux exprimer ma solidarité avec sa famille, ses proches.
J’ose espérer que la présidentielle, dont la campagne s’annonce brutale, sera accompagnée sereinement par la presse, tout comme les législatives. Évidemment, ces rendez-vous électoraux font de 2012 une année particulière.
Ici même, l’an dernier, j’avais formulé l’espoir que les primaires socialistes ne se transforment pas en machine à perdre. Je constate avec plaisir qu’elles ont constitué un formidable moment démocratique et ont assuré une belle rampe de lancement pour le candidat socialiste. Par la qualité des débats de fond, ces primaires ont participé à réconcilier le citoyen avec le politique.
Les sondages ne sont pas l’élection, mais comment ne pas reconnaître qu’aujourd’hui François Hollande est en bonne position pour être celui qui fera vivre l’alternance au printemps prochain.
Hier soir, à Allauch, le traditionnel repas républicain de la Fédération des Bouches-du-Rhône a rassemblé plus de 600 militants socialistes.
Jean-Noël Guérini a présenté le projet de la majorité départementale qu’il conduit pour les élections cantonales des 20 et 27 mars. Un projet ambitieux et réaliste, où l’action sociale, le développement des services publics et l’environnement sont très présents.
Il a aussi profité de ce moment fort de la campagne pour revenir sur les affaires qui touchent son frère.
Très offensif, le sénateur et président du Conseil général a annoncé qu’il avait porté plainte pour « violation et recel du secret de l’instruction ». Vous trouverez ici l’intégralité du discours prononcé.
Je tiens à saluer mon ami Roland Povinelli, sénateur maire de cette belle ville d’Allauch. Je salue également les parlementaires socialistes et l’ensemble des élus qui assistent à cette rencontre.
Tout en remerciant Roland pour la qualité de son accueil, je veux aussi saluer les militants et les sympathisants socialistes, du Parti Radical de gauche et du Mouvement Républicain et Citoyen, des hommes et des femmes enthousiastes, dynamiques et mobilisés pour le rendez-vous du 20 mars, pour le rendez-vous du premier tour des cantonales.
Nous avons devant nous 31 jours, pour faire entendre notre voix, pour aller au devant des habitants des Bouches-du-Rhône, pour aller vers la victoire du Parti Socialiste et de la gauche !
Nos candidats sont sur le terrain depuis plusieurs semaines et leur campagne nous laisse espérer une belle moisson.
Dans moins de cinq semaines, lors d’une élection où nous devons d’abord mobiliser notre camp, nous allons permettre aux habitants de Marseille et du département de dire leur attachement à la majorité qui gère le Conseil général.
Ils diront, haut et fort, que les conseillers généraux socialistes et radicaux, et demain du Mouvement Républicain et Citoyen doivent continuer à travailler, pour l’emploi, pour l’éducation, la solidarité, la culture et le mouvement associatif.
Cette majorité qui gère avec justesse et rigueur le Conseil général, elle est forte d’un bon bilan.
Chacun, dans les Bouches du Rhône, peut le mesurer.
Mais elle est aussi et surtout rassemblée autour d’un projet, d’une vision, d’une ambition !
Protéger et agir. Protéger et construire. Protéger et préparer l’avenir. Voilà notre fil rouge.
Notre projet n’est pas celui de la droite qui collectionne les échecs et dresse les Français les uns contre les autres.
Ce projet rassemble, il rappelle nos choix, nos engagements, nos valeurs, tout en ouvrant des perspectives.
Une fois de plus, un article publié ce mardi 15 février, en page 14 du « Parisien – Aujourd’hui en France », repris par de nombreux médias rend publics des éléments d’une instruction judiciaire en cours, au mépris du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence.
Alors que j’ai écrit au Procureur de la République de Marseille il y a plusieurs semaines pour lui demander de prendre toutes les mesures pour que cette affaire cesse d’être exploitée publiquement grâce à des fuites difficilement explicables, je remarque qu’aucune mesure n’a été prise pour que l’instruction judiciaire puisse enfin se dérouler normalement et sereinement.
Je constate qu’une nouvelle fois, des écoutes téléphoniques, dont on nous dit qu’elles viennent « tout juste d’être versées au dossier », sont sorties de leur contexte et publiées sans aucune précaution, ni vérification.
Je souligne que Michel Tonon, maire de Salon de Provence et Président de l’Agglopole a catégoriquement démenti une quelconque intervention de ma part dans ce dossier et il a apporté des précisions sur le fond qui démontrent incontestablement ses propos. De même, le directeur général des services de l’Agglopole a confirmé qu’à aucun moment, je ne suis intervenu dans ce dossier au profit de mon frère.
Je le répète, en ce qui me concerne je ne me suis jamais mêlé de cette affaire, ni de près, ni de loin.
Je regrette les approximations et les amalgames relayés par la presse.
Je note également que Mme Violette Lazard, journaliste au « Parisien », avait déjà dans un article publié le 3 février, annoncé, à tort, la mise en examen de fonctionnaires du Département.
J’en arrive à m’interroger aujourd’hui sur l’utilisation médiatique et politique de cette instruction et sur les objectifs poursuivis par ceux qui n’hésitent pas à bafouer les règles qui président au bon fonctionnement de la justice afin d’essayer d’influer sur le choix des citoyens, alors que nous sommes à six semaines des élections cantonales
J’ai reçu, jeudi dernier, trois journalistes du quotidien La Provence qui souhaitaient me poser des questions afin de faire un tour d’horizon de l’actualité avant les fêtes de fin d’année.
L’entretien s’est déroulé en trois parties : d’abord l’actualité judiciaire liée à la mise en examen de mon frère, ensuite l’actualité politique, notamment celle du Parti socialiste et, enfin, l’actualité institutionnelle avec la réforme gouvernementale des collectivités territoriales et ses conséquences sur les grands projets marseillais et départementaux.
Comme je m’y étais engagé auprès de vous à l’ouverture de mon blog, je tenais à vous faire partager mes propos publiés ce matin dans le quotidien régional :
« Pas plus aujourd’hui qu’hier je ne rougis de porter le nom de Guérini »
La Provence : comment réagissez-vous à l’incarcération de votre frère ?
Cette situation est pour moi d’une grande tristesse. Je vis et subis l’actualité avec émotion. Mon frère cadet est impliqué dans une procédure pénale, mis en examen. Avant toute chose, c’est mon frère et les liens de fraternité ne disparaissent pas avec les épreuves.
Mais je veux rappeler que l’on n’est punissable qu’en raison de son fait personnel. Il n’existe pas de responsabilité pénale collective. Il est clair que ce sont les affaires de mon frère qui sont aux mains de la justice et non pas celles du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ni de son président.
Cela dit, la présomption d’innocence est un principe cardinal de nos procédures pénales. Elle s’applique à tous les justiciables, y compris mon frère. Et seul son respect impérieux peut permettre l’organisation d’un procès équitable dans l’avenir. Je constate que la presse la combat depuis maintenant des mois avec une terrifiante décontraction.
Faites-vous le procès de la presse ou de la justice ?
Je ne fais le procès de personne. Ce sont des constats de situation. Mais pour l’ordre public et pour une bonne administration de la justice, je déplore la violation constante du secret de l’instruction. De larges extraits de procès verbaux supportant les déclarations de mon frère ont été diffusées. C’est inquiétant et surprenant. Qui peut y avoir intérêt et favoriser la publication de pièces de procédure sur la place publique?
Plus troublant encore, comment une telle manière de procéder peut avoir cours sans entraîner la réaction de l’institution judiciaire? Cette impunité apparemment consentie favorise les pires excès et autorise le développement d’un feuilleton quasi quotidien au préjudice du fonctionnement de la justice qui se trouve ainsi discréditée.
Mais les journalistes ne sont pas soumis au secret de l’instruction. Ils font leur travail…
Je suis pour une presse libre et indépendante, responsable. Je n’accuse personne.
Comment réagissez-vous au rôle présumé que votre frère est censé tenir auprès d’institutions comme la vôtre, concernant notamment l’attribution de logements et de marchés publics?
Je ne vais pas commenter ce mauvais roman-feuilleton qui dure depuis 22 mois, date de l’ouverture de l’enquête et développe les pires suspicions comme autant d’informations objectives. Quelle est l’origine de ces informations? Sont-elles issues du dossier pénal?
Si oui, elles caractérisent une violation éhontée du secret de l’instruction. Si non, elles relèvent de mensonges nuisibles. S’il y a fautes, elles doivent être sanctionnées par une justice sereine et indépendante.
Mais il n’est pas question pour moi de laisser, en raison de ce lien de fraternité, discréditer la politique du Conseil général. L’institution que je dirige est soumis à de très sérieux contrôles. Et ces contrôles nous ont tous valus des félicitations de la part de la Chambre régionale des comptes en 2009 et du Trésorier général pas plus tard que jeudi dernier. Le Conseil général est assujetti à des mécanismes de contrôle dont il pourra être rapidement vérifié qu’ils n’ont jamais été transgressés.
Eugène Caselli a le même discours à MPM et il a porté plainte au cas où…
A chacun sa collectivité. Que la justice passe dans son indépendance.
Lorsqu’on évoque un système Guérini, cela vous choque-t-il?
Ce soir au Bureau national du Parti socialiste, Arnaud Montebourg, député et président du Conseil général de la Saône et Loire, présentera le rapport de sa commission sur la rénovation du Parti.
Il porte sur 4 points : les primaires, l’organisation interne du parti socialiste, la lutte contre le cumul des mandats et le renouvellement, la féminisation et la diversité du Parti et de ses élus.
Comme ces dernières semaines, les deux sujets qui vont être le plus médiatisés sont les primaires et le cumul des mandats, sur lesquels je me suis déjà exprimé.
Je répète ici que je suis pour le mandat unique, gage de renouvellement des cadres politiques. Mais la règle doit s’appliquer à tous les partis politiques. Sans cela, c’est une fausse bonne idée. S’il n’y a pas une loi qui oblige gauche et droite à se soumettre au non cumul, le Parti socialiste aurait tort de s’affaiblir avant une série de rendez-vous qui doivent nous permettre de nous repositionner face à un Président dont l’exercice du pouvoir est « solitaire, unilatéral et autoritaire » selon les termes d’Arnaud Montebourg. Montrons l’exemple une fois vainqueurs de la présidentielle de 2012. Et n’oublions pas d’assortir la règle de non cumul d’un statut de l’élu.
Concernant la présidentielle de 2012, il faut privilégier le rassemblement de toute la gauche. Je suis favorable à une primaire qui devrait pouvoir au moins s’organiser avec les écologistes et les communistes, voire au-delà. Une primaire qui mettrait en concurrence les seuls candidats socialistes serait destructrice pour le Parti et n’est pas souhaitable. C’est dans le rassemblement des forces progressistes que la primaire a du sens.
Au-delà de ces deux questions, le rapport d’Arnaud Montebourg fourmille d’idées pour le renouvellement générationnel, la parité réelle et la diversité sociale, la plupart très bonnes comme l’objectif de 40% de députées dès 2012, quelques-unes volontairement polémiques pour secouer notre Parti sur les grandes questions de société.
Cela présage un débat de grande qualité ce soir en Bureau national, puis avec les militants dans les fédérations. Celui de la fédération des Bouches-du-Rhône se tiendra le 14 juin prochain à 18 heures, en compagnie de Pierre Moscovici qui a accepté mon invitation à venir débattre avec les militants du département.
Je suis parfaitement clair sur le mandat unique. La règle doit s’appliquer à tous et à tous les partis politiques. Sans cela, c’est une fausse bonne idée.
S’il n’y a pas une loi, qui oblige gauche et droite à se soumettre au non cumul, nous n’allons pas nous affaiblir nous-mêmes.
S’il faut aller dans ce sens, qui est un gage de renouvellement de la vie politique, il faut que cette direction soit prise de manière générale.
Cette loi doit s’appliquer à tous et elle doit être accompagnée par la mise en place d’un statut de l’élu.
Cette position, je l’ai exprimée à de nombreuses reprises et je la réaffirme ici.