Remaniement ministériel : un nouveau contre-feu
Lundi 15 novembre 2010Chers amis,
Nombreux sont ceux qui m’ont, ces dernières heures, demandé mon avis sur le remaniement ministériel survenu dimanche soir. Franchement, que peut-on en penser ?
« Tout ça pour ça », de prime abord. Depuis des mois, le Président de la République essayait de faire miroiter de grands changements dans son gouvernement. C’était souvent à des moments clés, pendant les débats et les manifestations contre la réforme injuste des retraites, ou quand les élus de son propre camp faisaient entendre leur mécontentement sur la réforme bâclée des collectivités territoriales.
Finalement, le premier ministre est conforté, alors qu’il était annoncé partant, et le gouvernement est resserré autour des anciens du RPR, et notamment des anciens fidèles de Jacques Chirac. La page de « l’ouverture » est tournée avec le départ de tous les ministres qui pouvaient apporter une voix dissonante à l’UMP.
Pire, alors que Nicolas Sarkozy s’est aliéné les élus avec la réforme territoriale et la suppression de la Taxe professionnelle mais aussi une majorité de citoyens avec la réforme des retraites, ce remaniement montre qu’il est aujourd’hui incapable de maîtriser sa propre majorité.
Il voulait promouvoir Jean-Louis Borloo, il a dû conserver François Fillon. Il voulait garder le contrôle de l’UMP, c’est finalement Jean-François Copé qui va la prendre. Ce gouvernement resserré prouve qu’à force de vouloir toujours s’imposer contre tout le monde, le président est désormais presque seul.
Certains annoncent que c’est plus une équipe de campagne qu’un gouvernement qui vient d’être nommé. Je pense que c’est un contre-feu de plus, pour faire oublier les errements d’une politique dictée de A à Z par l’Élysée depuis des mois.
Pendant que les éditorialistes font de belles phrases sur le « Remaniement », ils ne parlent pas du budget de rigueur discuté en ce moment même au Parlement…
L’hyper présidence a ses limites, et les Français sauront se rappeler du bouclier fiscal, des retraites, de la fin des services publics de proximité, de la démocratie locale mise à mal, etc.
Le vrai changement aura lieu, je l’espère, en 2012. A nous d’être à la hauteur de l’enjeu.




