Très chers amis,
Avant-hier j’ai commémoré avec la communauté arménienne le génocide de 1915. Ce rendez-vous, vous le savez, est toujours pour moi, un moment intense. Cette année plus encore. Je garde le souvenir de cette centenaire, sagement assise devant moi, le visage buriné où chacune de ses rides me faisait penser à l’horreur de ses souvenirs. Son visage illustrait les propos que j’étais en train de tenir.
En débâchant la banderole officielle, j’ai dérogé aux règles protocolaires en lui demandant de venir me rejoindre sur le podium pour le faire à ma place. Elle qui avait connu précisément, au plus profond, les mots qui y sont inscrits : le souvenir, la mémoire.
Voici les propos que j’ai tenu à cette occasion :
« En vous accueillant aujourd’hui aux Archives et à la Bibliothèque Départementales pour cette cérémonie du souvenir et du recueillement, je veux, de vive voix, réaffirmer mon engagement pour que soit reconnu, partout dans le monde, le Génocide des Arméniens de 1915.
Je me félicite, que le Conseil général des Bouches-du-Rhône soit associé au Conseil de coordination des organisations arméniennes Marseille-Provence, pour la commémoration du 93ème anniversaire de cette tragédie.
Ce soutien, vous le savez mes chers amis, est sans faille.
Et ce soir, je suis fier que notre Institution, comme elle l’a fait l’an dernier sur la façade de l’Hôtel du Département, ait déployé ici, sur la façade de son établissement culturel le plus prestigieux, une banderole à la mémoire des victimes.
Ainsi, le Conseil général montre qu’il est, plus que jamais, solidaire de la lutte pour la reconnaissance du Génocide de 1915 mais également en première ligne dans le combat contre le négationnisme.
Et d’abord le négationnisme d’un Etat qui s’acharne à nier la réalité des faits.
Vous savez mieux que quiconque, vous dont les parents et grands-parents ont subi les violences, les exclusions, le rejet, que ce négationnisme est une seconde mort pour les victimes et leurs familles.
Alors, ce soir, pour la mémoire des victimes du Génocide, pour l’Arménie et tous les Arméniens, je vous accueille avec émotion pour vous assurer de mon entière implication et de ma fidélité pour poursuivre un combat encore loin d’être terminé.
Punir les négationnistes, c’est apporter une arme supplémentaire à notre combat, et je me battrai pour que le Sénat adopte à son tour la proposition de loi portée par Christophe MASSE et votée par l’Assemblée nationale le 12 octobre 2006.
Punir la négation, c’est aussi dire, haut et fort, qu’il n’est pas envisageable que la Turquie frappe à la porte de l’Union européenne tant qu’elle n’aura pas accepté de porter un regard lucide sur ses errements d’hier.
Cette reconnaissance est d’autant plus nécessaire que l’un des fléaux qui menacent notre pays, comme l’ensemble des démocraties, c’est bien le rejet de l’autre, le racisme, qui alimentent les replis communautaires.
Par ailleurs, vous savez tout ce que fait le Conseil général en Arménie.
Rassemblés comme nous avons su l’être et comme nous le resterons, nous pourrons faire de notre combat commun une victoire.
Chers amis, la route que nous avons prise ensemble peut paraître ardue, mais je reste persuadé que nous allons réussir, parce que c’est la route du bon sens et de la justice, de la paix et du progrès.
Nous sommes engagés sur cette voie et, vous le savez, je suis des vôtres et je le resterai. Aujourd’hui, comme demain, vous pouvez compter sur moi.
A présent, devant cette banderole, et à la mémoire des victimes du Génocide des Arméniens de 1915, je vous demande, chers amis, de bien vouloir observer maintenant une minute de silence… »
Lire le dossier de mon soutien à la communauté et au peuple arménien