Réforme des retraites : une nécessaire mobilisation
Jeudi 24 juin 2010
Chers amis,
J’ai participé ce matin sur le Vieux Port de Marseille à la journée de mobilisation intersyndicale d’opposition au projet gouvernemental de réforme des retraites. A cette occasion j’ai pu rencontrer de nombreux militants socialistes mais aussi des représentants syndicaux et, plus généralement, les Marseillais qui sont venus témoigner de leurs difficultés et de leurs craintes face à l’avenir.
Je vous l’avais déjà dit ici : je considère que la retraite par répartition est le fondement de notre modèle social. Le gouvernement a voulu mordicus soumettre au parlement un projet de loi de réforme des retraites dès le mois de septembre, une nouvelle fois dans l’urgence, alors que, par exemple, la Suède, qui compte 6 à 7 fois moins d’habitants, et 3 fois moins de régimes spéciaux de retraites, a terminé une réforme sur laquelle les partenaires sociaux ont négocié 14 ans.
Si la solution suédoise est probablement trop longue, et difficilement transposable en France, le gouvernement n’est pas sérieux de vouloir traiter cette question essentielle à la hussarde.
Les carences graves qui émaillent la proposition gouvernementale ne manquent pas :
- la remise en cause de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans est injuste, notamment pour les personnes qui ont commencé à travailler tôt ;
- l’absence de mesure destinée à soutenir les femmes, qui ont une carrière souvent plus fragmentée que les hommes, l’absence de mesure solide envers l’emploi des jeunes qui sont une ressource essentielle de financement et l’insuffisance de l’aide à l’embauche proposée aux séniors sont les preuves de l’incapacité du gouvernement à penser une réforme globale ;
- la taxation des revenus du capital est un cache misère : seuls 1,7 milliards seraient pris sur les revenus du capital et du patrimoine et 2 milliards aux entreprises alors qu’il faudra 40 milliards d’euros pour 2020 ; le financement proposé par le gouvernement est profondément injuste et fait porter le poids de cette réforme sur les salariés.
Encore une fois, le gouvernement, loin de ciseler une réforme précise et efficace, avec l’aide des entreprises, des salariés, des retraités, de l’ensemble des Français, a décidé de tailler grossièrement une réforme à la machette, qu’il tentera de faire adopter en force pendant l’été au Parlement.
Je rappelle que je suis, pour ma part, favorable à un large débat national pour bâtir ensemble un projet de société répondant à une « crise de civilisation » par une « offensive de civilisation ». C’est la raison pour laquelle j’ai soutenu ce matin les syndicats et j’en ai profité pour leur réaffirmer ma volonté de dialogue et d’ambition pour notre pays.




