Avec Laurent Fabius, une journée de mobilisation contre la « régression » territoriale
Vendredi 28 mai 2010Chers amis,
Hier, les Français ont exprimé leurs inquiétudes sur les retraites, notamment à Marseille où la mobilisation a été forte. Alors que le chômage, la santé, l’éducation et la sécurité sont pour nos concitoyens des sujets prioritaires, pourquoi choisir d’aborder la réforme territoriale ?
C’est très simple : nous le faisons parce qu’il s’agit d’une même cause, du même sujet, d’un même combat. Quand nous nous mobilisons contre des textes rétrogrades, nous le faisons parce que les collectivités territoriales agissent dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Il n’y a pas d’un côté, ce qui se passe dans les départements, les mairies ou les régions, et de l’autre, la politique nationale.
Dans ce combat, j’ai souhaité inviter Laurent Fabius à venir passer une journée dans les Bouches-du-Rhône. une journée riche de rencontres, de débats, d’échanges. Depuis des mois, à l’Assemblée, sur le terrain et dans les médias Laurent a été un intervenant essentiel. Il a pris une part déterminante, en homme d’État qu’il est, pour mesurer avec finesse et précision, les dangers de ce mauvais projet de loi.
Comme lui, je pense qu’il ne s’agit pas d’une réforme, mais d’une régression dangereuse. Et, si d’aventure les projets du gouvernement n’étaient pas amendés, nous assisterions à un grand bon en arrière pour nos territoires, un grand bon en arrière pour les services publics de proximité. Ne tournons pas le dos à l’histoire ! Ne signons pas l’arrêt de mort de la décentralisation chère à Gaston Defferre !
C’est pourquoi j’ai souhaité organiser, hier matin, une rencontre avec les acteurs culturels du département à la Friche de la Belle de Mai afin de débattre ensemble des conséquence de cette « régression » sur le financement des associations culturelles, sur celui de la création artistique aussi. Car, faute de moyens, d’ambition, le pays va perdre son identité culturelle. Cette réforme va briser net 25 ans de travail et de prise de conscience.
Dans un deuxième temps, nous nous sommes rendu à la Mini-Halte Vallier pour une rencontre avec le personnel et aborder les conséquences de la réforme Morano sur les services publics de la petite enfance. A la suite de quoi nous avons dialogué avec les employés de La Poste du 8e arrondissement de Marseille. Là aussi, un service public gravement menacé…
Plus tard, à Miramas, c’est avec plaisir que nous avons rencontré les militants PS de la ville autour d’un pot de l’amitié, avant de conclure la journée à Salon-de-Provence par un grand débat avec les élus locaux des Bouches-du-Rhône sur la réforme territoriale elle-même.
Il en ressort que cette recentralisation s’accompagne du gel des dotations et de l’étranglement financier des collectivités à travers la suppression de la Taxe professionnelle. Or, ce sont elles qui assurent plus de 70% de l’investissement public. C’est donc la fin d’un certain modèle de démocratie locale qui organisait une relation privilégiée entre les élus et les citoyens.
Par ailleurs, ce texte prépare l’émergence de nouvelles inégalités fiscales qui risquent, demain, de peser sur les ménages. Enfin, loin d’une simplification supposée du « mille-feuille », le projet de loi le rend encore plus illisible et plus complexe.
Une journée riche de rencontres, de débats, d’échanges disais-je. Une journée de mobilisation bien nécessaire !





