Madame Evelyne SANTORU, déléguée à la défense des Droits de la Femme,

Mesdames les Elues, Conseillères Générales, Maires,

Madame Monique AGIER, Directrice Générale des Services,

Madame Geneviève COURAUD, Présidente de l’Observatoire du Droits des Femmes

Mesdames,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous accueille pour ce traditionnel déjeuner qui nous permet de célébrer  la Journée internationale du droit des Femmes.

Votre présence, aujourd’hui, rappelle l’engagement de plusieurs générations de femmes au service de l’indépendance, de l’égalité et des droits des femmes.

Comment ne pas penser, en ce moment particulier, à Antoinette FOUQUE, figure historique et emblématique de l’émancipation des femmes. Cette Marseillaise nous a quittés il y a quelques jours, et sa voix, à l’accent chantant, mêlée à bien d’autres, nous manquera.

Son engagement a fortement pesé dans le débat sur la libération des femmes et son combat n’a pas été vain, bien au contraire.

Je veux évoquer également Germaine TILLION et Geneviève ANTHONIOZ DE GAULLE dont les cendres seront transférées au Panthéon en 2015.

Cet hommage solennel assure la reconnaissance de la France à deux grandes figures héroïques de la Résistance, et à travers elles, à toutes les femmes qui ont consenti au risque, ont fait preuve d’un immense courage et qui se sont sacrifiées au nom des principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

J’ose espérer qu’il constituera une nouvelle avancée qui favorisera l’évolution de notre société qui doit, enfin, réellement, prendre en compte l’influence et le rôle des femmes en son sein.

Tout en préparant ces quelques mots, j’imaginais une célébration nous permettant de saluer les luttes féministes couronnées de succès, un repas se déroulant dans une société où la parité, l’égalité, le respect des droits seraient des acquis.

L’actualité, malheureusement, nous rappelle que cette journée des droits reste une journée de revendication, de mobilisation et de combat en faveur de l’égalité.

Comment ne pas s’inquiéter de certaines attitudes, de certains slogans, de certaines positions, que l’on a vu s’exprimer avec virulence au cours des derniers mois.

Les propos tenus par certains participants lors de la « manif pour tous », les positions radicales défendues par certains lors du dernier débat à l’Assemblée autour des règles relatives à l’assouplissement de  l’IVG, les polémiques irrationnelles autour de la théorie des genres ou encore les manipulations exploitant de manière réactionnaire l’ABCD de l’égalité, nous rappellent qu’il ne faut pas baisser la garde.

Autant de signes inquiétants qui prouvent que les libertés conquises par les femmes doivent être défendues sans relâche et que la vigilance reste plus que jamais de mise.

Quant à l’égalité des droits, elle continue de se heurter à la persistance de disparités bien réelles que la crise ne cesse d’amplifier.

Non seulement la grande pauvreté s’est durablement installée mais elle s’est largement féminisée. Les services du Département le constatent amèrement.

Les femmes isolées sont de plus en plus pauvres parce que leurs parcours professionnel, sanitaire et social de plus en plus délicats.

Cette fragilité des femmes qui se retrouvent en charge de famille est certainement la première cause d’exclusion dans notre société !

C’est pourquoi j’approuve le nouveau programme du gouvernement centré sur l’emploi et l’égalité professionnelle bien sûr, mais aussi sur la mixité des métiers, la réforme du congé parental dont dépend le taux d’emploi des femmes ou encore sur les conséquences des divorces dans l’économie de la famille…

Il y a dans ce projet une réelle ambition qui impulsera une dynamique positive, à condition que l’Etat accompagne réellement ses propositions.

Et vous avez aussi, tout comme moi, vôtre rôle à jouer pour les inscrire dans la réalité.

Il est évident que l’autonomie économique des femmes est un préalable à l’égalité !

Evidemment, si les textes réglementaires sont nécessaires pour fixer le cap, le combat pour concilier famille- travail- égalité est assurément l’affaire de chacun d’entre nous et il doit se traduire dans les initiatives prises par la puissance publique.

Lutter contre les stéréotypes, c’est indispensable. Ils sont insidieux et ils se perpétuent, si nous n’y prenons garde. J’en veux pour preuve une récente campagne de publicité, affichée dans le métro marseillais.

Elle a été dénoncée à juste titre par des femmes conscientes de leur rôle, qui n’acceptent pas les clichés trop faciles et trop souvent vulgaires de notre monde de communication.

Mais c’est par l’action que l’on concrétise les avancées en termes de liberté, parité, d’égalité des droits. Parallèlement, il est juste de veiller à l’égalité des salaires pour des postes équivalents dans les entreprises et il est plus que jamais indispensable de permettre aux femmes d’effectuer pleinement leur parcours professionnel sans que la maternité constitue un obstacle ou serve de prétexte à des ralentissements de carrière.

Pour sa part, au-delà de cette Journée dont je tiens à souligner l’importance, le Conseil Général s’est saisi depuis longtemps de la question de l’égalité des droits des femmes.

Vous le savez, notre Collectivité soutient les initiatives contre les violences faites aux femmes sur des questions de fond comme l’hébergement d’urgence, l’accompagnement individualisé, l’éloignement du conjoint violent, la prise en charge psychologique des enfants témoins…

Mais elle agit également de façon transversale pour faire progresser le droit des femmes en intégrant l’égalité à l’ensemble de ses champs d’actions :

emploi, insertion professionnelle et solidarité, santé, accès au logement, aux loisirs, à la culture et même à la pratique sportive.

Oui ! L’égalité doit se construire sur tous les terrains, y compris dans le domaine du sport où cela reste un challenge.

A tous les niveaux, sport amateur ou professionnel, entraîneurs, postes d’encadrement, et même dans l’univers du journalisme sportif… un constat s’impose : les femmes sont moins médiatisées, moins payées, moins respectées… et même moquées comme nous avons pu l’entendre lors de ces JO d’hiver.

Mais plus encore, l’observatoire des inégalités démontre, Chère Geneviève COURAUD, que dans certains quartiers, la pratique sportive féminine recule ou subit des pressions. C’est inacceptable !

 

Le Conseil Général a donc décidé d’engager, aux côtés des clubs mobilisés et du Comité Départemental Olympique et Sportif, des actions organisées autour de 3 axes :

-promouvoir la place des femmes au niveau des instances dirigeantes et de l’encadrement et faciliter la pratique sportive des mères de famille ;

-encourager la mixité et le respect auprès des jeunes dans le cadre de l’ouverture des équipements sportifs des collèges en dehors du temps scolaire;

-apporter un soutien financier aux clubs sportifs dont les actions vont dans ce sens.

Je ne saurais conclure sans rappeler, comme l’a précisé le Préfet, Michel CADOT, lors de sa présentation du redécoupage des cantons, gage d’une plus grande parité, qu’avec 15 femmes élues, soit 26,31%, notre Assemblée compte deux fois plus de femmes que la moyenne des conseils généraux.

Preuve est ainsi faite qu’en politique aussi, le Conseil Général a su garantir une meilleure représentation des femmes !

Je finirai donc en saluant très chaleureusement chacune d’entre vous pour son engagement au service des citoyens des Bouches-du-Rhône.

Merci à vous toutes d’œuvrer avec persévérance.

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