Blog de Jean-Noël Guérini - Donnons-nous la parole

 
12
juin.

Législatives : la nouvelle faute de Monsieur Chassain

Par JNG, à 11:19

Agenda, Général, Histoire, Marseille

Chers amis,

Le maire des Saintes-Maries-de-la-Mer, conseiller général et naguère député de la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, Monsieur Roland Chassain, a décidé de ne pas être candidat dimanche, pour le deuxième tour des élections législatives.

Cette décision, inspirée par une ligne « Tous contre Vauzelle » est choquante, grave et inacceptable. Membre de l’U.M.P, il prend clairement parti pour la candidate du Front national.

Ce choix, je l’avoue, ne m‘étonne guère. Car Monsieur Chassain n’a jamais réellement combattu les idées défendues par les partisans de Marine Le Pen.

Sans évoquer ses déclarations souvent ésotériques dans l’enceinte du Conseil général, sans parler de ses discours fréquemment populistes, comment ne pas se souvenir que cet homme a été à l’origine de la démission d’un élu marseillais de l’UMP, Maurad Goual, qui l’avait même assigné en justice pour incitation à la haine raciale après ses propos racistes, concernant déjà Michel Vauzelle, en 2010?

Aujourd’hui, Monsieur Chassain est toujours membre de l’UMP et l’ineffable Jean-François Copé se contente de le qualifier de « franc tireur ». Un peu léger pour un homme qui a les yeux rivés sur la ligne bleue de 2017 !

Martine Vassal, si prompte à donner des leçons de morale, devait inciter son collègue camarguais à ne pas se retirer. Elle affirme aujourd’hui que ce toujours membre de l’ U.M.P. n’a officiellement accordé aucun soutien et qu’il est donc sur cette sinistre ligne du « ni/ni », ni soutien au Front national, ni soutien au candidat du Parti socialiste quand il se bat en duel contre un candidat d’extrême-droite.

Mme Vassal sait pourtant que la ligne du « Tout sauf Vauzelle » est un choix pour le Front national !

Je veux être clair. Et je n’hésite pas à m’interroger sur ces comportements.

Ce geste de Roland Chassain est-il isolé ? Est-il le fruit des idées courtes d’un homme que la détestation du président de Région aveugle ?

Ou bien cette attitude, en des terres où le Front national est fort, dans un département où la porosité entre droite et extrême-droite est grande, indique-t-elle une voie ? Dessine-t-elle les contours d’une alliance qui n’ose pas s’avouer ?

Comment ne pas s’inquiéter de cette attitude quand on entend la petite musique aigre entonnée par de nombreux candidats de l’U.M.P. dans différentes circonscriptions des Bouches-du-Rhône.

Dans la 11e, notamment, ou l’excellent résultat de Gaëlle Lenfant bouscule Christian Kert. A Aix-en-Provence où Jean-David Ciot a largement distancé Maryse Joissains. Dans la 5e circonscription de Marseille, où Marie-Arlette Carlotti est en mesure de battre Renaud Muselier. Dans la 1ère, où Valérie Boyer, elle aussi, part à la pêche en eaux troubles pour rattraper son retard sur Christophe Masse.

Cette absence de clarté est un aveu de faiblesse. Et cette stratégie du « ni/ni » est désastreuse pour notre République. Il ne s’agit malheureusement pas d’une erreur commise par un homme distancé, battu, mais d’une faute qui confirme les errements de la droite républicaine.

A Arles comme dans les Bouches-du-Rhône, a l’évidence, l’U.M.P. a décidé de perdre son âme en mettant un mouchoir sur ses valeurs.

Les Républicains, eux, choisiront le leur en refusant ces arrangements et en condamnant ces manœuvres. Dimanche, ils iront voter pour les candidats socialistes afin qu’ils puissent renforcer la majorité qui conduira le changement. Et dans les circonscriptions où la gauche a été, malheureusement, éliminée, ils soutiendront le candidat de la droite républicaine.

Bookmark and Share

Un commentaire pour “Législatives : la nouvelle faute de Monsieur Chassain”

  1. 13 juin 2012 à 14:48
    damien dit :

    On assiste depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, par le siphonnage de voix d’extrême droite, à une dérive de la droite classique, par touches successives, vers un anti-républicanisme de plus en plus assumé qui se rapproche des positions démagogiques du Front National, notamment sur la question de l’immigration (condamnation de personnalités pour racisme, islamophobie affichée, politique du chiffre etc…)
    Ce positionnement a été particulièrement affiché de façon scandaleuse par Sarkozy entre les 2 tours de l’élection présidentielle, avec le succès que l’on sait.
    Aujourd’hui on assiste à un approfondissement de cette politique extrême droitière de la part de l’UMP, qui espère ainsi sauver quelques meubles, et à une espèce de début de théorisation à travers la politique du « ni-ni ». Pour l’instant, on constate bien peu de réactions franches en opposition à cette évolution dangereuse au sein de la droite, dite républicaine, car pour leur immense majorité, et peu importe les principes, la bonne cause est de garder le pouvoir et de barrer le pouvoir à la gauche.
    Les élections du 17 juin seront un peu comme un laboratoire de la viabilité de cette dérive politique pour la droite umpiste. Pour l’électorat, ce sera également un test de clairvoyance entre la manipulation et la récupération éhontée et le choix de la clarté dans la continuité de ce qui a été engagé le 6 mai. trancheront

Laisser un commentaire

Email This Post Email This Post