L’Europe : notre avenir commun
Par JNG, à 18:23
Agenda, Economie, éducation, Européennes, Général, Histoire, Impôts, International, sécurité, Social
Hier nous fêtions le 67e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie. A cette époque, la France et l’Europe entières étaient brisées par des années de guerre fratricide. Tout était à reconstruire.
Aujourd’hui, c’est la journée de l’Europe. La date a été choisie en souvenir de la déclaration du Ministre des Affaires étrangères français Robert Schuman qui, à l’instigation de Jean Monnet alors Commissaire général au Plan, proposa le 9 mai 1950 aux pays européens qui s’étaient combattus en 1914-18 et en 1939-45 de gérer en commun leurs ressources de charbon et d’acier dans une organisation ouverte aux autres pays d’Europe qui le souhaiteraient.
C’était le 1er pas vers la réconciliation et vers la construction d’une amitié qui est désormais solide. Tout le monde doit se rappeler aujourd’hui qu’en quelques décennies, les pays européens ont su construire ce qu’ils n’avaient jamais réussi depuis des siècles : la paix.
Désormais ce n’est plus la paix qui est l’enjeu mais l’équilibre économique de la zone euro. C’est le premier, peut-être le plus urgent des grands chantiers qui attendent notre nouveau président de la République, François Hollande.
Sa campagne a eu le mérite de faire ressurgir l’exigence de croissance au niveau européen. Le mot figure dans le traité budgétaire, mais sans contenu ni application concrète. Or, à défaut d’activité économique supplémentaire, il sera difficile, voire impossible de réduire les déficits et de maîtriser la dette.
Des personnalités éminentes se sont prononcées en faveur de ce pacte de croissance, comme le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui ne sont pas forcément de dangereux gauchistes, mais aussi plusieurs chefs de gouvernement. En Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas, en Italie, chacun admet que la seule austérité ne pourra permettre de revenir à l’équilibre des comptes publics.
L’économie de l’offre n’est pas séparable d’une stimulation plus directe de la demande. Non pas avec les formules keynésiennes d’autrefois : les moyens ne peuvent être des dépenses publiques supplémentaires, puisque nous devons les maîtriser, ni des allègements fiscaux. La mise en œuvre d’instruments à l’échelle européenne passe par l’augmentation du capital de la Banque européenne d’investissement, la mobilisation des fonds structurels, la taxe sur les transactions financières qui permettrait de financer des travaux d’infrastructures. L’Europe pourrait enfin décider de lever l’emprunt : c’est tout l’enjeu des «eurobonds» ou des «project bonds».
C’est sur ces questions que François Hollande sera attendu et qu’il devra négocier, particulièrement avec nos amis allemands, qui semblent réticents. Mais ils ne peuvent pas poser deux verrous à la fois, un sur les «eurobonds» et un autre sur le refinancement direct des dettes par la BCE.
François Hollande a compris qu’aujourd’hui, tout traité institutionnel serait difficile à faire ratifier sans le rétablissement d’une relation de confiance entre les peuples et l’union. En revanche, un traité sur la croissance, l’emploi et l’énergie pourrait mobiliser les opinions.
L’Europe ne pourra plus se construire sans les peuples, comme cela a été trop souvent le cas. Sa construction passe désormais par une attention accrue à leurs attentes, comme l’a mis en exergue la campagne présidentielle française, comme en témoigne les récentes élections en Europe et notamment en Grèce.
François Hollande a donc fixé un objectif à la fois réaliste et ambitieux : après l’Europe de l’acier et du charbon des années 50, après l’Europe agricole des années 1960, le grand marché dans les années 1980, il faut lancer «l’Europe de l’énergie» avec des objectifs communs en matière d’économies d’énergie, de montée des énergies renouvelables, de sécurité des installations… La France et l’Allemagne peuvent aussi montrer le chemin cinquante ans après le traité de l’Elysée (1963), notamment sur les aspects éducatifs, universitaires et culturels.
En cette journée de l’Europe, je suis certain que notre nouveau Président mettra tout en œuvre pour changer notre continent et ses vieilles habitudes, au service des peuples.






LEGER dit :
Bravo pour votre blog consacré ce 9 mai à l’Europe, notre avenir commun !
Sur le plan économique et monétaire, l’idée d’une Fédération européenne a fait un pas… Celui de François Hollande, bien sûr. Merkel n’a pas claqué la porte à la figure de Hollande. Mieux, elle l’a entrouverte et Hollande vient d’y mettre son pied… Maintenant (« piedtenant » serait une expression plus appropriée) Hollande appelle à la rescousse d’autres pays. Merkel en fait autant pour défendre son pré carré. Wait and see…