RSA : l’UMP tourne le dos aux valeurs de la solidarité
Par JNG, à 14:51
Economie, Général, Marseille, Social
Chers amis,
Le mois dernier je vous avais fait partager mon indignation à propos des déclarations choquantes de Laurent Wauquiez concernant les allocataires du RSA. Hélas, je constate aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’ une simple prise de position individuelle, car c’est bien l’ensemble du parti majoritaire qui s’engage sur la voie de la stigmatisation des plus défavorisés.
Je remarque qu’une nouvelle fois les bénéficiaires du RSA sont présentés comme des individus profitant complaisamment d’une allocation individuelle de solidarité pour rester volontairement en dehors du marché de l’emploi. Cette description ne correspond pourtant en rien avec la réalité que j’observe quotidiennement dans le département des Bouches-du-Rhône, où une large majorité des allocataires vit dans la précarité et fait preuve d’une volonté active de trouver un travail.
L’UMP, une nouvelle fois, nous surprend par sa méconnaissance totale du dispositif. A titre d’exemple, Marc-Philippe Daubresse, son secrétaire général adjoint, déclarait le 7 juin dans la presse qu’ « il y a encore des fraudes importantes [aux minima sociaux], notamment sur l’allocation de parent isolé ». Allocation qui pourtant n’existe plus depuis 2009, remplacée par le RSA !
Les solutions avancées par l’UMP sont tout aussi peu sérieuses, car inapplicables. Comment déterminer quels allocataires devront s’acquitter des travaux d’intérêt public et lesquels en seront exemptés? Comment les collectivités pourront elles financer ces contrats supplémentaires alors qu’elles doivent déjà supporter une charge grandissante de financement des contrats d’insertion existants du fait du désengagement de l’État ?
Je rappelle ainsi que j’ai dû me battre pour maintenir en 2011 un nombre élevé de contrats uniques d’insertion dans les Bouches-du-Rhône alors que l’État souhaitait les diminuer de moitié.
Vous le savez, je suis un adversaire de l’assistanat. Dès 2005, au nom de l’équité sociale, j’ai voulu lutter avec force contre les fraudes au RMI. Conjugué avec une politique efficace d’insertion et de solidarité, cet engagement s’est traduit, dans le Département, par une diminution de 20% du nombre d’allocataires entre 2005 et 2009.
Le dispositif du RSA renforce justement cette obligation, pour ses bénéficiaires, de poursuivre des démarches actives de retour à l’emploi. Or, rendre cette insertion effective et durable implique la mise en place d’un accompagnement personnalisé régulier, ce que Pôle Emploi n’assure pas aujourd’hui en ne suivant qu’une minorité d’allocataires du RSA.
Comme le rappellent mes collègues de l’Association des Départements de France, l’État pourrait utiliser le milliard d’excédent du Fonds de financement du RSA pour rembourser la dette qu’il a contractée auprès des départements du fait de la non compensation intégrale des transferts de charges.
Il doit ainsi 38,9 millions d’euros au Conseil général des Bouches-du-Rhône, argent qui pourrait être utilisé au service de la lutte contre le chômage et la précarité. Le gouvernement devrait également en priorité assurer de son soutien les structures de l’insertion par l’activité économique. Celles-ci agissent efficacement en faveur du retour à l’activité des allocataires des minima sociaux, et sont pourtant aujourd’hui étranglées financièrement par le retrait de l’État.
Montrer du doigt nos concitoyens les plus fragiles en les accusant de rendre malade notre société suscite ma plus vive indignation. Pour ma part, en consacrant 514 millions d’euros pour l’emploi, j’ai opéré un choix inverse en engageant le Conseil général des Bouches-du-Rhône dans une politique d’insertion active et de justice sociale.





André Guidi dit :
M. le Président des Bouches du Rhône,
je vous félicite pour votre action en faveur de l’emploi.
Salutations dévouées.
André Guidi