Blog de Jean-Noël Guérini - Donnons-nous la parole

 
18
déc.

Pas plus aujourd’hui qu’hier je ne rougis de porter le nom de Guérini

Par JNG, à 11:56

Culture, Economie, Général, Impôts, Logement, Marseille, Marseille-Provence 2013, Municipales, Social, Transports

Chers amis,

J’ai reçu, jeudi dernier, trois journalistes du quotidien La Provence qui souhaitaient me poser des questions afin de faire un tour d’horizon de l’actualité avant les fêtes de fin d’année.

L’entretien s’est déroulé en trois parties : d’abord l’actualité judiciaire liée à la mise en examen de mon frère, ensuite l’actualité politique, notamment celle du Parti socialiste et, enfin, l’actualité institutionnelle avec la réforme gouvernementale des collectivités territoriales et ses conséquences sur les grands projets marseillais et départementaux.

Comme je m’y étais engagé auprès de vous à l’ouverture de mon blog, je tenais à vous faire partager mes propos publiés ce matin dans le quotidien régional :

« Pas plus aujourd’hui qu’hier je ne rougis de porter le nom de Guérini »

La Provence : comment réagissez-vous à l’incarcération de votre frère ?

Cette situation est pour moi d’une grande tristesse. Je vis et subis l’actualité avec émotion. Mon frère cadet est impliqué dans une procédure pénale, mis en examen. Avant toute chose, c’est mon frère et les liens de fraternité ne disparaissent pas avec les épreuves.

Mais je veux rappeler que l’on n’est punissable qu’en raison de son fait personnel. Il n’existe pas de responsabilité pénale collective. Il est clair que ce sont les affaires de mon frère qui sont aux mains de la justice et non pas celles du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ni de son président.

Cela dit, la présomption d’innocence est un principe cardinal de nos procédures pénales. Elle s’applique à tous les justiciables, y compris mon frère. Et seul son respect impérieux peut permettre l’organisation d’un procès équitable dans l’avenir. Je constate que la presse la combat depuis maintenant des mois avec une terrifiante décontraction.

Faites-vous le procès de la presse ou de la justice ?

Je ne fais le procès de personne. Ce sont des constats de situation. Mais pour l’ordre public et pour une bonne administration de la justice, je déplore la violation constante du secret de l’instruction. De larges extraits de procès verbaux supportant les déclarations de mon frère ont été diffusées. C’est inquiétant et surprenant. Qui peut y avoir intérêt et favoriser la publication de pièces de procédure sur la place publique?

Plus troublant encore, comment une telle manière de procéder peut avoir cours sans entraîner la réaction de l’institution judiciaire? Cette impunité apparemment consentie favorise les pires excès et autorise le développement d’un feuilleton quasi quotidien au préjudice du fonctionnement de la justice qui se trouve ainsi discréditée.

Mais les journalistes ne sont pas soumis au secret de l’instruction. Ils font leur travail…

Je suis pour une presse libre et indépendante, responsable. Je n’accuse personne.

Comment réagissez-vous au rôle présumé que votre frère est censé tenir auprès d’institutions comme la vôtre, concernant notamment l’attribution de logements et de marchés publics?

Je ne vais pas commenter ce mauvais roman-feuilleton qui dure depuis 22 mois, date de l’ouverture de l’enquête et développe les pires suspicions comme autant d’informations objectives. Quelle est l’origine de ces informations? Sont-elles issues du dossier pénal?

Si oui, elles caractérisent une violation éhontée du secret de l’instruction. Si non, elles relèvent de mensonges nuisibles. S’il y a fautes, elles doivent être sanctionnées par une justice sereine et indépendante.

Mais il n’est pas question pour moi de laisser, en raison de ce lien de fraternité, discréditer la politique du Conseil général. L’institution que je dirige est soumis à de très sérieux contrôles. Et ces contrôles nous ont tous valus des félicitations de la part de la Chambre régionale des comptes en 2009 et du Trésorier général pas plus tard que jeudi dernier. Le Conseil général est assujetti à des mécanismes de contrôle dont il pourra être rapidement vérifié qu’ils n’ont jamais été transgressés.

Eugène Caselli a le même discours à MPM et il a porté plainte au cas où…

A chacun sa collectivité. Que la justice passe dans son indépendance.

Lorsqu’on évoque un système Guérini, cela vous choque-t-il?


L’emploi du mot système n’est pas neutre dans la bouche de certains. Il a pour objet de créer une confusion et de suggérer une complicité. Alors, oui il me choque et m’indigne car il est employé pour salir. Je suis scandalisé par le déchaînement médiatique.

Pas plus aujourd’hui qu’hier je ne rougis de porter le nom Guérini. Il n’y a pas que je sache de délit de patronyme dans notre pays, sauf peut-être dans l’esprit de ceux qui sont prêts aux discriminations les plus odieuses. La calomnie blesse. Ceux qui en jouent par opportunisme ou par jalousie ne l’ignorent pas.

Souhaitez-vous être entendu?

Si cela devait être le cas, je suis serein et je pourrai fournir aux magistrats toutes les informations qui pourraient les intéresser.

Lesquelles?

Je réserve ces explications aux magistrats et à eux seuls. L’homme politique que je suis ne peut accepter de voir se déployer une instruction sur la place publique. Chacun doit être à sa place. Je voudrais encore avoir confiance dans une justice appelée plus que jamais, dans un contexte médiatique détestable, à privilégier son indépendance.

Votre frère a pourtant fait son plaidoyer publiquement dans le Nouvel Observateur…

Qu’il ait fait cette interview ne me regarde pas. Je vous dis ce que je vis…

Cette affaire peut-elle vous éclabousser, vous, la classe politique et l’image de Marseille ?

Je m’interroge parfois sur cette tempête médiatique qui instrumentalise une enquête. Une instruction ouverte début 2009 rebondit étonnamment trois mois avant une élection cantonale. Je me sens injustement sali. Mais absolument pas éclaboussé. Les soucis des gens sont bien différents. Le plus important est de continuer à travailler.

On ne peut parler de tempête médiatique quand les gendarmes viennent chercher votre frère. C’est d’abord judiciaire…

Il s’agit de mon frère, pas de moi. En ce qui me concerne, être dans l’action est le plus important alors que la crise produit de dramatiques effets dans le quotidien des gens. L’enjeu des cantonales est là et c’est dans cette perspective que je serai candidat pour le renouvellement de mon mandat de président du Conseil général.

Cette affaire peut-elle avoir un impact sur les cantonales?

Absolument pas. La campagne électorale est organisée, les candidats désignés. Je mènerai campagne, les socialistes auront un excellent résultat.

Que pensez-vous de l’attitude d’apaisement de Jean-Claude Gaudin?

C’est une attitude logique et républicaine. La sagesse et la clairvoyance du maire ne sont plus à démontrer. Certains feraient bien de s’en inspirer.

Et celle d’Eugène Caselli, qui a démissionné son directeur de cabinet et semble avoir pris ses distances avec vous…

Ce n’est pas le cas. Ses décisions lui appartiennent et sont dictées par sa conscience. Je ne suis pas à sa place. Eugène est mon ami depuis très longtemps et nous allons dans les mois qui viennent continuer à travailler pour faire avancer ensemble des dossiers de la communauté urbaine MPM et de Marseille.

Il n’y a pas une feuille de papier à cigarettes entre nous. Il est l’homme de la situation à MPM. Il est d’une intégrité totale. Je souhaite qu’il reste jusqu’en 2014.

Justement, que dire à ceux qui s’interrogent sur votre candidature aux municipales 2014? Votre ambition politique est-elle intacte?

J’ai plus que jamais envie de poursuivre mon combat politique. Je me battrai avec énergie. Je suis bien dans ma tête et physiquement. J’ai une passion pour l’avenir de ce département.

Tout homme politique a dans sa vie des problèmes qu’il faut savoir affronter. Il faut avoir, face à l’adversité, la maîtrise de soi et le recul nécessaire. Aujourd’hui, mes ambitions politiques sont intactes.

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PS : « Mon choix est clair, ce sera DSK ou Aubry ! »

Que choisiriez-vous en 2012 entre la présidence du Conseil général, le siège de sénateur ou une éventuelle investiture pour les municipales?

Aujourd’hui, il est trop tôt pour le dire. J’ai besoin de savoir si le Conseil général en 2014, avec la réforme des collectivités qui vient d’être votée, aura les mêmes compétences qu’aujourd’hui…. Cela m’engagera dans une réflexion. Reste que le mandat unique est une bonne chose. Cela va permettre à une nouvelle génération d’arriver.

En devenant 1er secrétaire de la fédération PS, vous cherchez à resserrer les rangs pendant la tourmente?

Je suis premier secrétaire pour conduire une équipe soudée, pour mettre en ordre de bataille la fédération et ses militants, voilà ce qui m’intéresse !

Nous sommes dans une nouvelle phase du combat politique, il y a urgence à rassembler, vis-à-vis des échéances électorales et à construire un projet.

Nous préparons les primaires qui ne doivent pas se transformer en machine à perdre, ni en une liste de candidats pour un concours de beauté où s’inscrivent d’hypothétiques présidentiables.

Le calendrier fixé vous convient-il?

Il n’y a pas de raison de changer de calendrier. Je ne serai pas de ceux qui veulent le précipiter.

L’entrée dans la course de Ségolène Royal vous surprend-elle?

Ségolène Royal est une personnalité incontournable… Mais mon choix est clair aujourd’hui : ce sera Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry.

Vous étiez ségoléniste en 2007…

Aujourd’hui, DSK comme Aubry sauront impulser un nouvel élan de modernité.

DSK doit-il dire au plus vite ses intentions ?

Pourquoi précipiter une décision ? Il est le directeur général du FMI, il aura à prendre sa décision d’ici le mois de juin. Laissons-lui le temps!

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Réforme des collectivités : « Nous honorerons nos engagements »

Quel est l’impact en 2011 de la réforme des collectivités sur le Département ?

Cette loi est un retour en arrière. Dans notre département, les recettes de la taxe professionnelle, soit 280 millions d’euros en 2009, ont été réinvesties. Pour 2011, c’est la plus grande incertitude.

L’État nous transfère tous les mois des charges supplémentaires. Malgré les difficultés, il n’est pas question de remettre en cause nos investissements.

Pensez-vous augmenter les impôts ?

Il n’est pas question d’augmenter les impôts en 2011, cela, pour la cinquième année consécutive. Notre taux d’endettement par habitant est de 109 euros contre 300 pour la moyenne nationale. Le Département est bien géré.

Vieux-Port, Vélodrome: remettrez-vous en cause vos engagements?

Pour la semi-piétonnisation et pour le Stade Vélodrome, nous tiendrons nos engagements. Le développement de Marseille est un défi.

D’ailleurs, ma question au candidat socialiste à la présidentielle sera simple : est-ce que Marseille sera une priorité ?

Seriez-vous prêt à une rallonge financière pour la LGV?

Il faut que la LGV existe. l’État doit respecter ses engagements. Le Conseil général reste un partenaire.

Comment parler de métropole quand Aix traîne des pieds ?

Maryse Joissains défend sa ville. Nous avons mis du temps à réaliser le syndicat mixte des transports. Il m’a fallu des mois pour la convaincre : nous avons fait des concessions partagées.

Nous devons faire les mêmes efforts aujourd’hui. Comment Marseille-Provence 2013 pourrait se passer d’Aix-en-Provence !

Propos recueillis par Marjory Chouraqui, Philippe Faner et François Tonneau

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4 commentaires pour “Pas plus aujourd’hui qu’hier je ne rougis de porter le nom de Guérini”

  1. 18 décembre 2010 à 18:01
    vaiana dit :

    tu as bien raison on a pas a rougir de son nom et encore moins de sa famille.
    bon courage
    amitié

  2. 18 décembre 2010 à 21:31
    LEOR Chantal dit :

    Cher camarade,

    Comme toujours je ressents dans tes propos la droiture et l’honnêteté qui te caractérise !

    Nous les socialistes « nous recommençons  » à leur faire peur. Pour cela il faut « destabiliser » mais te connaissant c’est pas demain que cela arrivera.

    BRAVO !

  3. 19 décembre 2010 à 14:55
    KINDA Vincent dit :

    Cher Camarade & frère,

    Un nom ne se renie pas. On meurt pour cela. On ne lâche pas non plus un frère dans la tourmente. Que penseraient les Marseillais si un jour tu es aux commandes de la ville ? Que diront les frères socialistes du premier des leurs qui panique facilement devant un coup de « Trafalgar » ? Dans un monde en souffrance, la confiance est la meilleure garantie sur l’avenir.
    Je suis toujours surpris par ces questions qui ont en toile de fond la morale chrétienne ! Certes il y a une éthique en politique mais il faut faire attention et ne pas oublier que nous sommes que des hommes. « Errare humanum est ». Je te soutiens et si demain malgré tes erreurs, tu es un homme debout, je serai à tes côtés car la dignité qu’incarne un nom ne se négocie pas. Il faut avoir oublié de n’être pas né d’une femme et d’un homme pour poser la question. Et les hommes, tu ne les oublie pas, ce qui fait de toi un socialiste doublé d’un croyant sincère. Continue à nous rassembler et merci.
    VK

  4. 21 décembre 2010 à 11:00
    BOURDELON dit :

    Continuez monsieur Guérini, vous n’avez aucune leçon à recevoir.
    Votre gestion du département est exemplaire, on comprend que certains veuillent supprimer cette collectivité.
    Bien à vous.
    Alain Bourdelon

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