Le temps, une exigence pour une vraie réforme des retraites
Vendredi 30 avril 2010Chers amis,
Notre modèle social est fondé sur la solidarité entre les générations, c’est-à-dire et avant tout : la retraite par répartition.
Le gouvernement entend soumettre au parlement un projet de loi de réforme des retraites dès le mois de septembre, tablant sur une concertation «consensuelle» dictée par l’urgence.
Cette urgence me paraît suspecte et je rejoins Martine Aubry lorsqu’elle dit : « nous sommes prêts à travailler, mais pas le couteau sous la gorge ». Il ne faut pas, en effet, faire semblant d’avoir du courage. Les regards du gouvernement se portent, naturellement, sur les actifs qui devraient, pour satisfaire à la situation, cotiser plus longtemps.
Pourtant, le gouvernement pourra-t-il mener cette réforme à son terme en maintenant, sur la question spécifique du financement, la pression sur deux paramètres seulement : l’âge et la durée de cotisation ? Si c’est le cas, alors c’est prendre le risque de ne rien solutionner et d’accroître les inégalités !
De toute évidence, au vue des nombreuses modifications structurelles que devraient apporter cette réforme dans notre société, le gouvernement n’envisage pas une simple promenade de santé.
Les partenaires sociaux ne cachent d’ailleurs pas leurs inquiétudes face au court délai de concertation imparti. Il est à craindre un passage en force à la faveur de l’été.
Le positionnement du parti socialiste s’affiche donc stratégique, il propose, en dehors du cadre de la concertation fixé par le premier ministre, un large projet de société répondant à une « crise de civilisation » par une « offensive de civilisation ». Thème cher au philosophe Edgar Morin.
Il est heureux qu’il refuse de se laisser enfermer dans un calendrier devenu fou et bien inspiré d’attendre que le gouvernement avance ses pions avant d’entrer dans le détail des propositions qu’il présentera aux Français dans le cadre d’une réforme fiscale d’ampleur, dont nous connaissons les grandes lignes : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, taxation des stock-options et autres rémunérations non assujetties…
Reste que ce débat doit surtout permettre de sortir des réflexes conservateurs, c’est la seule voie possible pour trouver une solution consensuelle à une réforme vitale pour l’avenir du pays.
A ce titre, la mobilisation de demain, à l’occasion de la fête du travail, ne sera pas neutre. A Marseille comme partout en France.




