Euro-méditerranée : « il est grand temps de passer à la vitesse supérieure ! »
Par Administrateur, à 14:42
Culture, Economie, Environnement, Européennes, Général, Histoire, International, Social, Transports, sécurité
A l’occasion d’un dîner-débat sur «les enjeux d’une véritable coopération entre les pays des deux rives de la Méditerranée» organisé par Vincent Peillon et Karim Zeribi, candidats socialistes aux élections européennes du 7 juin prochain dans le grand Sud-Est ; Jean-Noël Guérini a souhaité expliquer à l’auditoire sa vision des rapports euro-méditerranéens.
Propos :
» La proximité géographique et une longue histoire ont tissé des liens étroits et multiples entre les pays du pourtour de la Méditerranée et la France. Cette proximité est naturellement plus grande encore avec les Bouches-du-Rhône et avec Marseille dont l’histoire méditerranéenne n’est plus à écrire.
La présence ancienne sur notre sol de nombreuses communautés parfaitement intégrées, issues des pays de la Méditerranée, le flux incessant de nos échanges économiques, la francophonie toujours présente au Maghreb et au Proche-Orient, marquent l’importance des liens qui nous unissent à l’espace méditerranéen.
Cet espace constitue donc pour nous les méditerranéens de l’Europe un enjeu stratégique, à la fois politique, économique, social et culturel. Autant de grands défis qu’il nous faut regarder avec lucidité pour pouvoir les surmonter et contribuer à bâtir, une Méditerranée prospère, apaisée et réconciliée avec elle-même.
Nous le savons, des réformes économiques et structurelles induites par l’internationalisation des échanges doivent être réalisées dans de nombreux pays du sud et de l’est de la Méditerranée. Les flux migratoires doivent être gérés, tout comme doivent être minorés les risques d’incompréhensions culturelles. Nous avons donc intérêt à ce que les États des deux rives parviennent à apporter des réponses adaptées à ces questions fondamentales pour construire le futur.
Dans cette perspective, il est également essentiel que l’Europe apporte aussi des réponses politiques tout en mettant en place des programmes pragmatiques d’aide au développement. Sur ce point, nous avons, nous parlementaires, élus, chefs d’entreprises, universitaires, acteurs de la société civile un véritable devoir d’alerte. Nous devons et nous pouvons peser, nous les méditerranéens de l’Europe sur les orientations et les décisions de Bruxelles pour qu’elle ne regarde pas seulement vers l’Est, mais qu’elle se penche aussi vers son Sud.
En réactivant le processus de Barcelone par la création de l’Union pour la Méditerranée, la France a de nouveau attiré l’attention de l’Europe sur la question méditerranéenne et je m’en félicite. Grâce à la coopération décentralisée et malgré bien des difficultés, et je pense aux conflits du Proche-Orient, nous, les collectivités locales, nous avons pu dépasser les clivages existants dans la diplomatie des États.
Nous avons continué d’avancer dans la mise en place de programmes, certes modestes, concernant la gestion des déchets, la santé, le développement du tourisme, la gestion de l’eau, ou la formation des personnels des administrations locales. Cette politique de voisinage et de proximité a montré son efficacité parce qu’elle s’appuie sur le réalisme et le pragmatisme, et parce qu’elle est portée par les collectivités locales. Je me suis entretenu de cela avec le Président BOUTEFLIKA lors de mon dernier voyage en Algérie et je peux vous dire qu’il perçoit la coopération décentralisée avec un réel intérêt.
Cependant, il faut aussi être lucide, les moyens à l’œuvre de la coopération décentralisée ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il est indispensable que l’Europe appuie plus largement les initiatives des collectivités locales. Il sera d’ailleurs indispensable, dans cette perspective, que les actions de coopération soient aussi mieux harmonisées qu’aujourd’hui.
En effet, et je veux insister sur ce point, le développement à venir des pays de la rive sud nous concerne très directement. Nos destins sont liés et le développement du Sud aura aussi des effets sur notre développement.
L’accroissement futur des activités portuaires de Tanger, d’Alexandrie ou d’Alger doit nous interpeller. Le constat que la Méditerranée devienne à brève échéance la première zone mondiale de trafic de fret maritime, également. L’ouverture prochaine des marchés des hydrocarbures, les besoins en équipements et en infrastructures notamment touristiques, tout cela constitue pour nos entreprises des enjeux économiques de premier plan. N’oublions pas que la Chine ou que les États Unis s’intéressent aussi à cette région du monde en accentuant leur présence chaque jour un peu plus.
Il est donc fondamental que l’Europe affirme elle aussi sa présence et qu’elle réponde aux attentes des pays de la rive Sud.
Pendant des années, nous les méditerranéens de l’Europe, nous avons su maintenir des liens d’amitié et de fraternité avec nos partenaires de la rive Sud. Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure, le Sud attend des gestes forts et concrets. Il attend que se mette en place une véritable stratégie concernant son développement.
Un échec, une absence de réponse serait dramatique pour le Sud. Mais un échec de ce processus serait aussi dramatique pour nous.
Voilà pourquoi, il est capital d’envoyer à Bruxelles, avec Vincent PEILLON, des parlementaires convaincus de la cause méditerranéenne comme Karim ZERIBI. Je les connais, ils sauront peser sur les instances de décisions et réussiront à infléchir les choix stratégiques si importants pour notre avenir. »




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