19
mar.

Grand Port de Marseille. Guérini persiste et signe : « il faut sauver a tout prix notre réparation navale ! »

Par Administrateur, à 19:51

Général, Histoire, International, Marseille, Social, Transports, Vidéos

Défilant aux côtés des élus et militants socialistes lors de la manifestation unitaire et interprofessionnelle du jeudi 19 mars, Jean-Noël Guérini à réitéré son absolu soutien à la réparation navale marseillaise, la dernière en Méditerranée avec Palerme (Sicile).

Dès Lundi matin, il avait déjà affirmé devant le conseil de surveillance du grand Port de Marseille ces propos :

« Le grand port maritime de Marseille est malade et nous sommes conscients d’être arrivés à un réel point de rupture.

Il faut avoir conscience que la cessation d’activités de Boluda prononcée par le tribunal de commerce n’est pas une liquidation judiciaire supplémentaire, dans un port dont le déclin n’en finit plus.

Avant toute chose, je tiens à dire que ce coup d’arrêt est un drame humain pour les 140 salariés qui se retrouvent sans emploi, tout comme pour les quelque 300 personnes qui travaillaient dans les entreprises sous–traitantes.

Alors que la récession est là, il ne faut jamais oublier que l’économie se fait avec des investissements, mais aussi et surtout avec des hommes.

Un regard sur l’histoire du port me pousse à dire que nous constatons actuellement un immense gâchis, que nul ne peut accepter !

Quiconque arrive aujourd’hui dans notre ville aura peine à croire qu’il y a trente ans, 6000 personnes travaillaient dans la réparation navale.

Cette personne aura encore plus de mal à comprendre et à accepter que les savoirs – faire des ces salariés, parmi lesquels se comptaient entre autres les meilleurs chaudronniers du monde, se soient perdus, au gré de crises successives.

Drame humain, bien évidemment, mais aussi véritable catastrophe économique et industrielle pour Marseille et les Bouches du Rhône.

Sans sonner le tocsin, comment ne pas s’alarmer des chiffres qui s’accumulent et sont orientés à la baisse, depuis trop longtemps.

Le trafic sur le port est en recul de 24 % en janvier 2009 par rapport à janvier 2008 ! Dernièrement, un client important a choisi de faire transiter ses fruits et légumes par le port de Sète, lassé par des conflits incessants mais aussi parce qu’il a été séduit par des tarifs plus compétitifs.

Parallèlement, des ports qui eux aussi sont confrontés à la crise, affichent des résultats à la hauteur de leurs ambitions…

Dans ce contexte, doit-on se croiser les bras ? Doit-on, une fois de plus, céder à la tentation d’une guerre interminable entre syndicalistes et professions portuaires ?

Ne serait-il pas temps d’en finir avec des querelles d’un autre âge !

Tout comme il est grand temps que tous prennent conscience que nul projet ne peut émerger si l’on ne retrouve pas, très vite, l’apaisement social.

L’heure est à la mobilisation et à l’énoncé d’une réponse claire à une question simple : veut-on, réellement, sauver le port de Marseille et faire en sorte, dans le respect de chacun, en prenant en compte les mutations d’une économie globalisée, que ses activités de réparation navale soient maintenues ?

Il n’est pas pensable qu’un espace portuaire riche des formes 8 et 9, un espace où la forme 10 est au centre d’un projet pour lequel Boluda et CMA-CGM préparaient une réponse commune se transforme en friche industrielle !

J’ai pour habitude d’être franc et direct et je le dis aujourd’hui sans ambages : le port de Marseille est un outil fantastique de développement. Cependant, s’il veut atteindre ses objectifs et répondre aux ambitions que nous plaçons en lui, il est sans doute temps pour chacun, d’opérer une révolution culturelle.

Elle ne se résume pas à faire table rase du passé et à chercher dans la manne des croisières une solution de remplacement aux activités industrielles disparues. Il faut assurer la mixité des activités, notamment dans les bassins est, en proposant une véritable perspective à tous les personnels et à l’ensemble de ceux qui se mobilisent pour le développement de Marseille.

Soyons clairs et cessons d’être hypocrites ! Tous les acteurs qui interviennent sur le port, tous ceux qui veulent produire de la valeur ajoutée à partir d’une plate–forme portuaire et logistique exceptionnelle doivent prendre leurs responsabilités.

La crise que nous traversons nous rappelle cruellement que l’essentiel dans une économie de marché qui ne cède pas aux sirènes de la finance, ce sont les emplois et les entreprises.

Il appartient alors au monde économique, aux côtés des élus, de se saisir de ce dossier pour que de nouveaux projets fassent naître un nouvel essor portuaire.

Il ne s’agit pas là d’un vœu pieux, d’une formule toute faite ! C’est en réunissant toutes nos forces que nous parviendrons à trouver des solutions car les habitants de cette ville attendent de nous bien autre chose que des constats de situation.

Il nous faut agir et être imaginatifs.

En regardant, sans faillir, la réalité telle qu’elle est, pour aller de l’avant !

Bruxelles nous a imposé des règles qui interdisent aux collectivités d’aider la réparation navale. C’est donc une porte qui est désormais fermée. En revanche, il est effectivement possible d’aider le port à développer ses infrastructures, à contribuer à l’accueil, dans de bonnes conditions, d’entreprises performantes.

Les situations de crise ne sont pas forcément les plus faciles pour avancer et le Conseil général sait combien il a été délicat de trouver une solution pour la Ciotat.

Ce modèle n’est pas directement transposable pour opérer un sauvetage de ce qui reste de la réparation navale marseillaise.

L’horizon n’est donc pas complètement bouché et nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance et toutes les pistes pour sauver l’emploi et les savoirs faire existant doivent être explorées.

Une chose, toutefois, est certaine : la crise et les blocages du port nous placent désormais dans l’obligation d’agir, de proposer et de défricher de nouveaux chemins qui doivent être synonymes de renouveau pour le port de Marseille et de développement pour l’aire métropolitaine marseillaise.

Le Conseil général prendra toute sa part dans cette réflexion et mobilisera, dans le cadre de ses compétences, tous les moyens susceptibles de préserver l’activité et de sauver l’emploi. »

Bookmark and Share

2 commentaires pour “Grand Port de Marseille. Guérini persiste et signe : « il faut sauver a tout prix notre réparation navale ! »”

  1. 24 mars 2009 à 0:27
    yann dit :

    Sauvez notre port et ses diverses activitées maritimes .Il est notre futur mais aussi notre patrimoine, nous ne devons pas le laisser tomber pour des raisons économiques .

    Merci.

  2. 26 mars 2009 à 0:34
    bistouriactif dit :

    La Ciotat et maintenant Marseille… il vaut mieux ne pas tomber en panne quand on fait une croisière du côté de Marseille…

Laisser un commentaire

Email This Post Email This Post