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déc.

Plan Anti-crise de Jean-Noël Guérini : « Soutenir l’activité, c’est la seule manière de sauver les emplois d’aujourd’hui et préparer ceux de demain »

Par Administrateur, à 11:28

Economie, Général, Histoire, Impôts, International, Logement, Marseille, Social, Transports

Le plan anti-crise proposé par Jean-Noël Guérini vient d’être adopté à l’unanimité par les conseillers généraux des Bouches-du-Rhône. Il se décline en deux parties : plan quinquennal d’investissement de 500 millions d’euros supplémentaires et plan d’aide exceptionnel aux associations caritatives.

Voici le discours introductif de présentation du plan tenu par Jean-Noël Guérini :

 » Mes chers collègues,

Les Bouches-du-Rhône, comme la France, sont aujourd’hui plongées dans la crise. Il ne s’agit pas d’une secousse passagère, d’un trou d’air que l’on oublie aussitôt qu’il est ressenti.

Cette crise sera sévère, durable et ses effets commencent à peine à se faire sentir sur notre économie, sur l’emploi, sur notre tissu social.

Cette crise nous devons l’affronter, nous devons y faire face. C’est pour cela que j’ai souhaité que notre session budgétaire l’aborde sans fards, sans faux–fuyants, sans mensonge.

Je l’ai déclaré à plusieurs reprises, dans ces moments critiques, nous devons avoir des réponses, des initiatives et des actes forts.

Il n’est pas dans mon tempérament de croiser les bras et de laisser faire les choses. Je n’ai pas été élu pour ça, nous n’avons pas obtenu la confiance de nos concitoyens pour ça.

Bien des explications ont été apportées sur l’effondrement boursier, qui en cascade, vient perturber notre vie quotidienne, casser des emplois, effacer l’espoir.

Je n’y reviendrai pas, tout en me demandant, quand même, comment une telle folie a-t-elle pu saisir le monde des banques, outre-atlantique, au point de nous pousser vers le précipice ?

Même si certains veulent encore se bercer d’illusions, les effets sur l’économie locale du ralentissement économique sont pourtant perceptibles depuis plusieurs mois.

Et le pire est à venir. Ne croyez pas que je veuille en rajouter dans le pessimisme, mais la lucidité nous impose quand même de regarder la réalité en face.

Dans les Bouches-du-Rhône, le secteur du BTP a subi le premier les conséquences de la crise immobilière et financière. L’activité des entreprises du secteur est en chute de 25 à 30%.

Plus inquiétant, ces dernières semaines, plusieurs grands groupes industriels présents sur le site de Fos ont annoncé une baisse de leur production mondiale. Arcelor Mittal a arrêté un de ses deux hauts fourneaux au moins jusqu’à fin janvier, c’est, je vous le rappelle, le deuxième employeur privé de la région avec plus de 3300 salariés.

Des hommes et des femmes se retrouvent au chômage partiel et voient arriver les fêtes de Noël avec angoisse.

Des annonces similaires se succèdent : baisse de la production de 40 % pour Naphtachimie, arrêt de la production pour 2 semaines en décembre chez Arkéma et AscoMetal.

Cette succession de mauvaises nouvelles a déjà et va avoir des effets désastreux sur l’économie de notre pays et de notre département. Les perspectives affichées pour 2009 par l’OCDE sont particulièrement sombres. Il est annoncé pour la plupart des pays des « récessions sévères et prolongées » jusqu’en 2010.

Les conséquences sont brutales pour les salariés des entreprises victimes de cette crise de la mondialisation, mais également pour les sous-traitants.

Ainsi, le nombre d’intérimaires dans le département est passé de 5000 à 4000 depuis septembre : cette baisse, importante est un signal de récession qui ne trompe pas !.

Mais nous savons aussi que si la crise touche durement nos concitoyens, elle est encore plus impitoyable avec les plus fragiles d’entre nous.

Irrationnelle et même parfois incompréhensible dans ses causes, elle est particulièrement injuste dans ses conséquences.

Dans un département où 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, un chiffre qui s’élève à près de 30% pour la ville de Marseille, dépassant même les 50% dans certains quartiers, le moindre ralentissement de l’activité économique a des conséquences sociales préoccupantes.

Le Conseil général et ses agents sont bien évidemment en première ligne. Les maisons de la solidarité constatent déjà une aggravation des difficultés.

Signe de cette dégradation, les demandes de secours financiers en urgence auprès du Conseil général ont fortement augmenté depuis 3 mois et plus particulièrement celles concernant les familles ou les femmes seules avec enfants.

En septembre, le nombre de bénéficiaires du RMI a augmenté de 1% au niveau national, ce rebond survient après six trimestres consécutifs de baisse. Dans les Bouches du Rhône, le nombre de chômeurs a augmenté en septembre, pour le 3ème mois consécutif, venant rompre, là encore, une tendance régulière à la baisse.

Tout cela laisse augurer une forte augmentation, à court terme, des dépenses sociales du Département.

Alors que les besoins de la population se font plus pressants, la contraction des activités économiques réduit nos ressources. Ainsi, le retournement du marché immobilier induit une diminution des droits de mutation estimée, à ce jour, à 36 M € entre le budget primitif 2008 et le budget primitif 2009. Et cette tendance devrait s’aggraver.

Face à un Etat défaillant dont les poches sont vides, de nombreuses collectivités territoriales déclarent actuellement réfléchir à une augmentation de la fiscalité pour maintenir leurs équilibres financiers et conserver une capacité d’investissement.

Vous le savez, ce n’est pas le choix du Conseil général des Bouches du Rhône. Nous n’augmenterons pas les impôts en 2009 car je l’ai déjà dit et je le réaffirme aujourd’hui : il n’est pas question d’amputer le pouvoir d’achat des ménages.

Pour autant, dans un contexte général de tension budgétaire, la bonne gestion du Conseil Général, souligné récemment dans le rapport de la Chambre Régionale des Comptes, lui permet de disposer encore d’une forte capacité d’investissement avec un taux d’endettement faible et un effort fiscal maîtrisé.

Aussi, à l’opposé de la tendance générale des autres départements, j’ai décidé de renforcer nos politiques d’investissement. Car la réponse à la crise, c’est l’investissement.

Et appuyer sur la pédale du frein dans ce contexte serait une erreur majeure dont nous paierions longtemps le prix !

Soutenir l’activité pour sauver les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain, c’est la manière de faire face ! C’est la manière de réagir, audacieusement, intelligemment !

Premier donneur d’ordres de tous les Départements avec près de 460 millions d’euros d’investissements productifs en 2008, le Conseil Général contribue par sa politique volontariste, au maintien de dizaines de milliers d’emplois dans le secteur privé.

Je souhaite maintenir cette capacité d’investissement audacieuse et volontaire, source de richesse pour nos entreprises et d’emplois pour nos concitoyens.

Mais dans des circonstances exceptionnelles, je souhaite aller plus loin, investir sur des projets utiles afin de préparer l’avenir car nous avons le devoir de soutenir l’activité économique pour limiter l’impact de la crise.

C’est la raison pour laquelle, je vous propose d’engager notre Département dans un plan quinquennal d’investissement d’un montant de 500 millions d’euro.

Un plan anti-crise en quelque sorte qui permettra d’intervenir rapidement, par des investissements stratégiques sur des domaines d’activités qui génèrent du travail pour les entreprises, des commandes, de l’emploi et du mieux être pour nos concitoyens.

Ce plan anti – crise sera un accélérateur de développement et de projets et il ne se confondra pas avec notre politique régulière d’investissement.

Alors, me direz-vous, 500 millions d’euros en plus des 550 millions d’euros que nous investirons au titre du budget 2009, pourquoi faire ?

Quatre axes me paraissent essentiels pour soutenir l’économie départementale : les routes, les transports, le logement et le cadre de vie.

Sur la base d’un partenariat étroit avec les intercommunalités, d’une vision partagée de notre territoire départemental, je vous propose la répartition suivante.

D’une part, consacrer 250 M€ pour les investissements stratégiques sur les Bouches du Rhône, avec une répartition prévisionnelle de 150 M€ pour les infrastructures routières, 50M€ pour les transports, notamment en accompagnement des projets du syndicat mixte que nous créons aujourd’hui et 50M€ pour le logement.

D’autre part, renforcer le rôle métropolitain de Marseille avec une enveloppe de 250 M€ réservée au soutien des projets majeurs de la Communauté Urbaine de Marseille.

Ces 250 M€ pourraient se décomposer en 150 M€ sur les transports ; 50 M€ sur les routes, 50 M€ sur le cadre de vie avec une part prépondérante pour rendre la capitale plus propre et plus accueillante et 50 M€ pour le logement.

Ce programme exceptionnel s’inscrit par ailleurs, dans une volonté affirmée de construire un réel partenariat entre le Conseil général et le monde de l’entreprise.

J’ai la volonté de renforcer le dialogue avec les décideurs économiques. A cet effet, un comité d’experts économique sera rapidement constitué avec pour objectif de nous éclairer sur les projets susceptibles de conforter l’avenir de notre département.

En apportant des réponses économiques, nous préparons l’avenir, mais nous devons aussi entendre l’urgence sociale, entendre en particulier le cri d’alerte des associations caritatives, des professionnels et des bénévoles.

J’ai répondu à cet appel et pris l’initiative de rencontrer les principales associations caritatives du département pour évaluer leurs besoins. Il s’agit des Restaurants du cœur, de la Banque alimentaire, de la Croix rouge, d’ATD quart monde, du Secours populaire, du Secours catholique, de Médecins du Monde, de l’Armée du Salut et de la Fondation Abbé Pierre.

Ces échanges me conduisent aujourd’hui, au-delà de ce qui est déjà pris en compte dans le budget primitif 2009, je pense notamment à l’augmentation de 1,5 M€ du Fonds de Solidarité Logement, à vous proposer d’adopter un plan d’aide exceptionnel de 600 000 € répartis pour moitié en fonctionnement et en investissement.

Cette aide exceptionnelle doit donner aux grandes associations caritatives la possibilité de continuer à accueillir, héberger, aider et accompagner tous ceux et celles qui en ont besoin.

Il s’agit là de répondre à l’urgence sociale et d’affirmer nos valeurs de solidarité au service de ces hommes, ces femmes, ces enfants qui souffrent vraiment qui se battent pour vivre et survivre dans la dignité. Nous ne pouvons rester insensibles à ces situations.

Ce soutien vient bien évidemment s’inscrire en complément des nombreuses initiatives qui sont prises dans le cadre de nos politiques publiques de solidarité.

Ainsi, en conjuguant le développement économique des territoires, la solidarité entre ces territoires et la solidarité entre les générations, nous associerons l’investissement et la justice sociale et nous ne sacrifions pas l’homme aux intérêts économiques.

C’est pour moi essentiel. Ces deux axes, ces deux objectifs, si nous les tenons, si nous les affrontons, avec courage et volonté, nous permettrons de passer l’épreuve de la crise.

Pour cela, je vous propose d’adopter ce jour ces deux initiatives qui, en complément de notre budget apportent une réponse constructive à la crise actuelle.

Grâce à notre action, à notre volonté, je reste confiant dans la capacité de nos concitoyens, des acteurs économiques, du monde associatif et de notre territoire à traverser cette période critique et à maintenir un cadre de vie garant des solidarités.

Je vous remercie de bien vouloir prendre une part active à ce débat essentiel pour notre département, dans un esprit constructif sur la base, je l’espère, d’un constat partagé : nous devons agir.  »

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3 commentaires pour “Plan Anti-crise de Jean-Noël Guérini : « Soutenir l’activité, c’est la seule manière de sauver les emplois d’aujourd’hui et préparer ceux de demain »”

  1. 12 décembre 2008 à 14:49
    rodeville dit :

    je souhaite une année 2009 meilleur du travail pour tous merci de vous battre mr guérini pour nous les cytoyens car nous somme dans un gouffre on marche à pied car le ticket est trop cher le frigo vide on vie plus on survie et sako veut qu’on achète une voiture neuve ou on prend les sous ou ? ma parole il veut qu’on se retrouve tous clochard on peut plus payer nos portefeuille sont vide

  2. 12 décembre 2008 à 23:38
    JiPi-M dit :

    A contrario de nos médias qui minimisent la crise internationale qui nous frappe de plein fouet en jouant la carte de la fatalité, le président Jean-Noël GUERINI et son conseil général ont décidé de prendre cette catastrophe économique et sociale à bras le corps.
    Il n’est pas à douter que bien des départements français n’auront pas cet optique et encore moins cette volonté. Ils augmenteront très sensiblement la fiscalité sans se préoccuper du désespoir social, moral et budgetaire que cela va engendrer dans les familles. Sachons une fois de plus et en toute lucidité reconnaitre la politique menée dans les Bouches-du-Rhône en matière d’aide aux plus démunis.

    Même s’il est à déplorer une activité sans cesse croissante des organisations caritatives due aussi principalement à une gestion de type capitaliste donc ultra libérale de notre gouvernement, il est néanmoins primordial que ces associations se donnent les moyens matériels et financiers pour pouvoir proposer un « service » au moins minimum pour soulager la détresse. Et ces moyens se traduisent par un apport de monnaie sonnante et trébuchante; dirons nous. C’est malheureusement une évidence. Cependant, la crainte d’une plus grande précarité dans les années à venir est légitime face à la crise d’autant plus que le gouvernement français est plus soucieux de l’avenir des banques et de la spéculation que du bien-être de notre population.

    Le Conseil Général des Bouches-du-Rhône ne résoudra pas toute la misère du département d’un coup de baguette magique mais il a au moins le mérite et la décence de tenter tout ce qui est en son pouvoir pour essayer de garantir un cadre de vie que tout citoyen est en droit de revendiquer.

    Cela avait le mérite d’être souligné.

  3. 15 décembre 2008 à 10:57
    damien dit :

    Le plan anti-crise est bien sûr nécessaire. Mais il me semble essentiel de redonner confiance en l’avenir, car nous sommes tous des acteurs économiques et on observe, depuis bien avant le krach financier un repli de la consommation et des indicateurs de confiance, du fait de la politique menée par ce gouvernement entièrement favorable aux riches et aux possèdants.
    Lorsque l’inquiétude sur l’avenir pèse, quand le moral est au plus bas, tous le monde tésorise en attendant des jours meilleurs, et c’est cette spirale infernale qu’il faut casser.
    Alors oui Président, montrez l’exemple, donnez nous de l’espoir, offrez de belles perspectives de développement et d’amélioration des conditions de vie, et de justice, à ceux qui en ont le plus besoin et tout ira mieux !

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