Pour faire face à la crise financière, Jean-Noël Guérini propose un plan quinquennal d’investissement supplémentaire de 500 millions d’euros par le Conseil général des Bouches-du-Rhône
Par Administrateur, à 14:37
Agenda, Economie, Général, Histoire, Impôts, International, Logement, Marseille, Santé, Social, Transports, Vidéos
Jean-Noël Guérini a annoncé, ce matin, lors de la présentation du budget 2009 du Conseil général à la presse, le maintien d’un fort niveau d’investissement. Dans un budget de 2, 2 milliards d’euros, l’investissement s’élèvera à 551 millions d’euros, afin de soutenir l’activité économique et l’emploi.
Cette politique qui s’inscrit dans le droit fil des budgets des années précédentes est complétée par la présentation, demain, aux conseillers généraux réunis en séance publique, d’un plan quinquennal exceptionnel d’un montant de 500 millions d’euros.
L’un des volets de ce plan, a-t-il précisé, s’accompagnera de la signature d’un partenariat avec la Communauté urbaine de Marseille, s’élevant à 250 millions d’€.
Le Président du Conseil général Jean Noël Guérini, associe cet effort contre la crise par la maîtrise des dépenses de fonctionnement d’une institution qui emploie 7500 personnes après la nouvelle étape de décentralisation.
Dans un département qui compte plus de 20% de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, le Conseil général proposera une subvention exceptionnelle de 600 000 € en faveur des associations caritatives. Elle sera soumise demain au vote des conseillers généraux.
Voici, en résumé les 5 principales questions qui ont été posées à Jean-Noël Guérini ce matin :
Vous avez souhaité que la séance du vote du budget primitif 2009 du 12 décembre soit ouverte par un débat sur la crise. Pourquoi ?
Les Bouches-du-Rhône, comme la France, sont aujourd’hui plongées dans la crise. Il ne s’agit pas d’une secousse passagère, d’un trou d’air. Cette crise sera sévère, durable et ses effets commencent à peine à se faire sentir sur notre économie, sur l’emploi, sur notre tissu social.
Cette crise nous devons l’affronter, nous devons y faire face. C’est pour cela que j’ai souhaité que notre session budgétaire l’aborde sans fards, sans faux–fuyants, sans mensonges. Je l’ai déclaré à plusieurs reprises, dans ces moments critiques, nous devons avoir des réponses, des initiatives et des actes forts.
Même si certains veulent encore se bercer d’illusions, les effets sur l’économie locale du ralentissement économique sont pourtant perceptibles depuis plusieurs mois.
Dans le département des Bouches-du-Rhône, constate-t-on actuellement les effets de la crise ?
Bien sûr, le secteur du BTP a subi le premier les conséquences de la crise immobilière et financière. L’activité des entreprises du secteur est en chute de 25 à 30%. Plus inquiétant, ces dernières semaines, plusieurs grands groupes industriels présents sur le site de Fos ont annoncé une baisse de leur production mondiale.
Arcelor Mittal a arrêté un de ses deux hauts fourneaux au moins jusqu’à fin janvier. C’est, je vous le rappelle, le deuxième employeur privé de la région avec plus de 3300 salariés. Des annonces similaires se succèdent : baisse de la production de 40 % pour Naphtachimie, arrêt de la production pour 2 semaines en décembre chez Arkéma et AscoMetal.
Les conséquences sont brutales pour les salariés des entreprises victimes de cette crise de la mondialisation, mais également pour les sous-traitants.
Ainsi, le nombre d’intérimaires dans le département est passé de 5000 à 4000 depuis septembre : cette baisse, importante est un signal de récession qui ne trompe pas !
En cette période et de ce que vous pressentez, ne doit-on pas alors plûtot être économe, réduire la voilure ?
Pour moi la réponse à la crise, c’est l’investissement. Et appuyer sur la pédale du frein dans ce contexte serait une erreur majeure dont nous paierions longtemps le prix !
Soutenir l’activité pour sauver les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain, c’est la manière de faire face ! C’est la manière de réagir, audacieusement, intelligemment !
Premier donneur d’ordres de tous les Départements avec près de 460 millions d’euros d’investissements productifs en 2008, le Conseil Général contribue par sa politique volontariste, au maintien de dizaines de milliers d’emplois dans le secteur privé. Je souhaite maintenir cette capacité d’investissement audacieuse et volontaire, source de richesse pour nos entreprises et d’emplois pour nos concitoyens.
Mais dans des circonstances exceptionnelles, je souhaite aller plus loin, investir sur des projets utiles afin de préparer l’avenir car nous avons le devoir de soutenir l’activité économique pour limiter l’impact de la crise. C’est la raison pour laquelle, je vais proposer d’engager notre Département dans un plan quinquennal d’investissement d’un montant de 500 millions d’euros. Un plan anti-crise en quelque sorte qui permettra d’intervenir rapidement.
Que sera ce plan quinquennal ?
Ce plan anti-crise sera un accélérateur de développement et de projets et il ne se confondra pas avec notre politique régulière d’investissement.
Quatre axes me paraissent essentiels pour soutenir l’économie départementale : les routes, les transports, le logement et le cadre de vie.
Sur la base d’un partenariat étroit avec les intercommunalités, d’une vision partagée de notre territoire départemental, je vous propose la répartition suivante.
D’une part, consacrer 250 M€ pour les investissements stratégiques sur les Bouches-du-Rhône, avec une répartition prévisionnelle de 150 M€ pour les infrastructures routières, 50 M€ pour les transports, notamment en accompagnement des projets du syndicat mixte que nous mettons en place et 50 M€ pour le logement.
D’autre part, renforcer le rôle métropolitain de Marseille avec une enveloppe de 250 M€ réservée au soutien des projets majeurs de la Communauté Urbaine de Marseille. Ces 250 M€ pourraient se décomposer en 150 M€ sur les transports, 50 M€ sur les routes, 50 M€ sur le cadre de vie avec une part prépondérante pour rendre la capitale plus propre et plus accueillante et 50 M€ pour le logement.
Ce programme exceptionnel s’inscrit par ailleurs, dans une volonté affirmée de construire un réel partenariat entre le Conseil général et le monde de l’entreprise.
J’ai la volonté de renforcer le dialogue avec les décideurs économiques. A cet effet, un comité d’experts économiques sera rapidement constitué avec pour objectif de nous éclairer sur les projets susceptibles de conforter l’avenir de notre département.
Vous avez aussi décidé de ne pas augmenter les impôts, activer le levier fiscal pourrait être une solution ?
Vous le savez, ce n’est pas le choix du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Nous n’augmenterons pas les impôts en 2009 car je l’ai déjà dit et je le réaffirme aujourd’hui : il n’est pas question d’amputer le pouvoir d’achat des ménages. Dans un département où 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, un chiffre qui s’élève à près de 30% pour la ville de Marseille, dépassant même les 50% dans certains quartiers, le moindre ralentissement de l’activité économique a des conséquences sociales préoccupantes.
Le Conseil général et ses agents sont bien placés pour le constater, ils sont en première ligne. Les maisons de la solidarité enregistrent déjà une aggravation des difficultés.
Signe de cette dégradation, les demandes de secours financiers en urgence auprès du Conseil général ont fortement augmenté depuis 3 mois et plus particulièrement celles concernant les familles ou les femmes seules avec enfants.
Investissements forts et plan quinquennal pour la relance de l’économie, mais quels sont vos possibilités d’actions pour les plus pauvres ?
Effectivement nous devons aussi entendre l’urgence sociale, entendre en particulier le cri d’alerte des associations caritatives, des professionnels et des bénévoles. J’ai répondu à cet appel et pris l’initiative de rencontrer les principales associations caritatives du département pour évaluer leurs besoins. Il s’agit des Restaurants du cœur, de la Banque alimentaire, de la Croix rouge, d’ATD quart monde, du Secours populaire, du Secours catholique, de Médecins du Monde, de l’Armée du Salut et de la Fondation Abbé Pierre.
Ces échanges me conduisent aujourd’hui, au-delà de ce qui est déjà pris en compte dans ce budget primitif 2009, je pense notamment à l’augmentation de 1,5 M€ du Fonds de Solidarité Logement, à proposer un plan d’aide exceptionnel de 600 000 € répartis pour moitié en fonctionnement et en investissement.
Cette aide exceptionnelle doit donner aux grandes associations caritatives la possibilité de continuer à accueillir, héberger, aider et accompagner tous ceux et celles qui en ont besoin. Ce soutien vient bien évidemment s’inscrire en complément des nombreuses initiatives qui sont prises dans le cadre de nos politiques publiques de solidarité.
Ainsi, en conjuguant le développement économique des territoires, la solidarité entre ces territoires et la solidarité entre les générations, nous associerons l’investissement et la justice sociale et nous ne sacrifions pas l’homme aux intérêts économiques. C’est pour moi essentiel.




André Guidi dit :
Monsieur le Président,
comme vous le dîtes très justement, la crise frappe à nos portes, dans le pays et le département.
Des entreprises ont recours au chômage technique.
‘Mieux vaut prévenir que guérir’.
Ce n’est pas nouveau : certains enfants ne mangent qu’une fois par jour, le repas de l’établissement scolaire.
Il est bon effectivement d’aider les associations caritatives au plus près des problèmes de fin de mois des habitants des Bouches du Rhône.
Si votre plan a le mérite de répondre à l’urgence sociale, il conjugue également le souci de l’avenir avec une ligne d’investissement qui devrait créer 10 000 emplois dans les domaines du logement et des transports, domaines dévolus à la sphère départementale telles que la loi de décentralisation de Gaston Deferre l’a définie.
C’est un plan volontaire, c’est un plan qui s’articule au niveau infra avec la communauté urbaine de Marseille et aux niveaux supras avec les mesures décidées par l’ Union Européennes et le G20, c’est un plan responsable qui met à l’honneur la responsabilité de nos élus du département.
Merci pour ces décisions qui vous honorent.
Veuillez agréer l’expression de ma considération dévouée.
Le 11 décembre 2008
André Guidi
JiPi-M dit :
Les décisions prises par le conseil général et à travers lui Jean-Noël GUERINI sont d’une objective vision d’esprit, d’une importance capitale pour notre département. La politique d’investissement est à mon sens le meilleur remède face à cette crise d’une ampleur sans précédent. Celà m’amène à quelques réflexions.
Alors que le monde du travail est confronté de plus en plus à la perte du pouvoir d’achat, aux réductions d’emplois et à la précarisation du travail, on assiste à une inflation financière massive. Pire; plus la dite inflation menace, plus de sacrifices sont demandés aux salariés. La stratégie de développement; du moins son contenu est à remettre en cause.L’économie de notre pays est aujourd’hui d’avantage dans le rouge et nous sommes appelés à des lendemains qui déchantent.
Face à celà trois priorités.
D’avantage de dépenses pour le développement des hommes et salariés, avec une véritable sécurité sociale professionnelle et des nouveaux services publics et sociaux actuellement très malmenés.
Une orientation des financements épargne et crédits, vers l’investissement, la recherche et nouvelles productions.
Une politique européenne d’industrie et également un pôle public de financement.
Une reconnaissance du poids des salariés et de leurs représentants ou délégués à tous les niveaux des entreprises et de la vie sociale.
C’est en ces décisions parmi d’autres que le gouvernement pourra freiner cette crise. Ce n’est pas en gonflant les dividendes des actionnaires et en favorisant les spéculateurs de tout poil qu’une solution de relance de l’économie sera à l’ordre du jour. Chapeau bas monsieur GUERINI. Vous, au moins vous avez tout compris.
eclipse dit :
La Bourse fait du yo-yo depuis le 14 Septembre. Le dollar monte, le baril baisse, le CAC s’effondre, le CAC s’envole. Et puis, le Crédit meurt, on ne peut plus rien acheter. Tous les traders donneraient leur string pour un peu de stabilité. Et du cash pour Noël.
La solution est pourtant simple et les Ateliers l’expliquent assez bien sur leur blog ( http://www.ateliers-eclipse.com ).
Bisous Brognard