L’avenir des Départements : « Ce n’est pas à coups de ciseaux que l’on réorganise plus efficacement notre vivre ensemble »
Par JNG, à 10:57
Culture, Economie, Environnement, Général, Impôts, Social
On croyait le rapport Attali enterré mais voici que certaines de ces préconisations ressurgissent. La question de la suppression des départements a été relancée récemment, lors des journées parlementaires UMP d’Antibes notamment. A cette occasion, plusieurs élus ont confirmé l’intention du chef de l’Etat de poursuivre ses réformes et notamment celles concernant la fusion des Conseil généraux avec les Régions.
Vous savez combien je suis attaché à notre territoire. Depuis plus de dix ans, je livre des combats à vos côtés et faire de l’échelon départemental une institution obsolète qui n’aurait plus sa place dans le découpage territorial, c’est renier, selon moi, des années de travail auprès de nos concitoyens. Combien de politiques volontaristes et innovantes ont été insufflées par le Conseil général comme Ordina 13 par exemple, pour lutter contre la fracture numérique ? Combien d’initiatives comme le RMI puis le RSA ont été testées et pilotées par notre administration ? Car nous sommes inscrit dans la modernité, nous connaissons plus que quiconque le terrain et les attentes des municipalités.
Loin des clivages politiques, ma volonté a toujours été guidée par l’intérêt de nos populations. Je m’interroge aujourd’hui sur la faisabilité d’un éventuel transfert de compétences entre Conseil général et Conseil régional sans perdre le caractère de proximité auquel je suis attaché. C’est encore la meilleure recette de notre succès. Nous sommes performants car nous sommes proches de la société. Le Département est d’abord et avant tout l’institution des solidarités. Qu’en serait-il de la nécessaire et juste péréquation de l’aide entre communes pauvres et riches ?
Bien sûr, les zones urbaines bénéficient d’une couverture de service publics très dense, mais qu’en est-il des zones rurales ? Cette mesure n’aura pour effet que d’accroître les inégalités déjà exacerbées en cette période de récession économique. Et c’est dans ce climat que l’on voudrait nous faire croire que la suppression des départements est guidée par une logique d’économie d’argent public. Le gouvernement fait de la peur son fonds de commerce en tentant de panser les plaies financières avec un sparadrap !
Rationalisation des échelons administratifs ou calculs politiciens?
Vous le savez, je suis toujours ouvert à une réflexion pour une meilleure gestion de l’argent public et à ce titre, je lance un vaste débat : n’est-ce-pas une fausse économie que de faire disparaître nos départements ? Ne faut-il pas entrevoir une raison bien plus politique à cela ?
Il y a quelques jours le Quotidien Sud-Ouest publiait un sondage qui soulignait l’attachement des français à leurs Départements. Ils étaient plus de 59% à refuser leur suppression. Et que dire de l’élan populaire national lorsqu’il s’est agit de faire disparaître le numéro départemental sur les plaques minéralogiques ? Il s’agissait d’un tollé national, preuve s’il en est de l’attachement profond de nos concitoyens pour nos collectivités départementales, celles de toutes les solidarités.
Supprimer les institutions tenues en grande majorité par la gauche, repousser les élections régionales à 2011 s’apparentent davantage à un jeu politique destiné à regagner certaines régions perdues par la droite. Sous couvert d’économies, c’est un contre-pouvoir que l’on tente de faire disparaître.
Pour le Ministre du Travail, « Départements et Régions doivent se regrouper et travailler ensemble ». Que de fausses pistes ! Les énarques parisiens prouvent ainsi combien ils sont éloignés de notre quotidien. Les partenariats sont nombreux et dans beaucoup de domaines. Nous travaillons conjointement pour la culture, l’éducation, la santé, l’aménagement du territoire, les transports et sur grand nombre de projets encore. Avec la décentralisation, nous sommes toujours plus présents sur le terrain. Demain, nous aurons un rôle grandissant à jouer pour amortir le choc de la crise qui submerge notre économie.
Mes amis, je suis peiné de constater que pour nos dirigeants, nos départements n’ont eu de la valeur que lorsqu’il a fallu se délester de compétences dont ils ne voulaient plus. Leur désinvestissement a pesé lourd sur nos collectivités mais a eu le mérite de nous exhorter à nous dépasser. Pourquoi remettre aujourd’hui en cause nos multiples compétences ?
Ce n’est pas à coups de ciseaux que l’on réorganise plus efficacement notre vivre ensemble. La négociation semble une réponse bien plus adaptée. C’est la mienne.





laurence dit :
Cher Jean-Noêl,
Je suis absolument d’accord, d’autant que le conseil général des Bouches-du-Rhone pallie à certains manquement de la Ville de Marseille notamment en matiere de soutien à la vie associative sportive.