LGV : le temps des tergiversations est révolu, l’unité est notre seule chance !
Par JNG, à 11:44
Agenda, Economie, Général, International, Marseille, Municipales, Transports
Chers amis,
Lundi matin devait se tenir la réunion du comité des financeurs (Codor) de la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) en région Provence – Alpes, Côte-d’Azur. Mais, pour la quatrième fois, elle a été reportée pour un « problème d’agenda des partenaires » nous fait savoir la Préfecture. Voilà donc que nous piétinons encore sur un dossier vital quant au développement de Marseille, des Bouches-du-Rhône et, plus avant, de la région Paca. Au moment où nous devrions faire montre d’une totale unité marseillaise, au-delà des clivages politiques, voilà que nous n’arrivons pas même à nous réunir. Avant que cette situation ne devienne dramatiquement pathétique, j’en appelle à la raison de tous les acteurs de cet enjeu, vital pour notre avenir, je le répète.
Pour ma part, vous le savez, j’ai toujours défendu le « tracé des métropoles », celui dit « du Sud » qui passe par Marseille, Toulon et Nice. Dès le mois de mars, je m’inquiétais publiquement du gel de ce dossier, c’est à dire de voir Marseille et son agglomération, rayées d’un trait de plume du tracé Paris-Nice et, dans un deuxième temps, de la ligne à grande vitesse Madrid-Rome.
Pourtant, en ces temps de campagne, Nicolas Sarkozy nous avait fort opportunément rassuré dans une lettre, brandie par le candidat Jean-Claude Gaudin dans l’entre-deux tour de la campagne municipale. Que disait alors le Président Sarkozy ? “Le scénario de référence est celui de ‘la ligne des grandes métropoles’. Au-delà des questions techniques qui pourront se poser, ce tracé a ma préférence parce qu’il serait impensable que l’arc latin appelé à relier Madrid à Rome laisse Marseille à l’écart. Ce serait sans doute une faute au regard de l’histoire et du rôle que la France veut jouer dans l’avenir de la Méditerranée.” On ne pouvait être plus clair.
La polémique autour du tracé de cette LGV semblait alors derrière nous et le consensus marseillais, acquis. Vint ensuite le temps des tergiversations, peu compréhensibles, du maire de Marseille qui déclarait dans un communiqué, en juin dernier, qu’un tracé de la LGV par Aix-en-Provence « serait le choix du réalisme, de la rapidité » qui répondrait aussi « au cahier des charges de la desserte de la métropole marseillaise » si la gare de l’Arbois était rebaptisée « Aix-Marseille-Provence ». Il réitérait cette position lors du Conseil municipal du 30 juin, se calant ainsi sur les positions favorables de M. Michel Sappin, préfet de région, au tracé dit « de Côte d’Azur » évitant Marseille.
Pourquoi être revenu sur un accord dicté par le bon sens ?
Est-ce vraiment des raisons de surcoût non encore clairement démontré faute d’évaluations complètes du RFF (Réseau ferré de France)? Et même si ce tracé engendrait des dépenses supplémentaires, ne faut-il d’abord raisonner en termes d’impact économique et d’aménagement cohérent du territoire ? Il est de notre devoir de nous projeter dans un avenir où le retard de nos infrastructures pèsera d’autant plus sur notre développement économique. C’est un enjeu stratégique de premier ordre. L’efficience même de ce projet se nourrit de la connexion entre les grandes métropoles européennes. Se priver de Marseille, seconde ville de France, c’est réduire la LGV de plusieurs millions de passagers par an. Mais enfin, peut-on sérieusement imaginer que Marseille soit exclue de cette inter-connexion ferroviaire continentale ?
Pragmatique, le monde de l’entreprise ne s’y trompe pas. Autour de Jacques Pfister, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence, il a déjà pris des engagements financiers à hauteur de 15% de l’opération (soit 1.65 milliard d’euros). C’est vrai aussi des la quasi totalité des entrepreneurs des Bouches-du-Rhône (UPE13, Chambre de métiers, CGPME, UNAPL eu UPA) qui soutiennent le tracé des métropoles, tout comme un partie des syndicats d’ailleurs (FO, CFTC, CFE-CGC).
Le consensus que certains disait introuvable semble pourtant clairement émerger à Marseille et je m’en réjouis. Il était temps. Tout comme je me réjouis des derniers propos du maire de Marseille, qui semble être revenu à de meilleures intentions en qualifiant récemment de « préférable » le tracé du Sud. C’est heureux, il n’est jamais trop tard pour faire le bon choix. Il n’était donc pas vain, pour moi, d’avoir menacé, le 26 juin dernier, en séance publique du Conseil général, de me retirer immédiatement « de la table de travail » si « par malheur, le choix de contourner la seconde ville de France était confirmé. »
Car, voyez-vous, il y a des combats qui doivent dépasser les clivages idéologiques, ceux pour lesquels l’avenir de tous est concerné. L’intérêt général doit dicter notre conduite. Comme nous avons su le faire pour la candidature de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la Culture, notre unité est la seule chance possible pour que la LGV puisse voir le jour dans les meilleurs délais. C’est pourquoi enfin, je rejoins Michel Vauzelle, le Président de Région, pour demander de toute urgence une réunion de crise.




Laisser un commentaire