Discours d’Allauch : « dans une situation de grave crise, les socialistes doivent privilégier l’unité, le rassemblement et l’intelligence »
Par Administrateur, à 10:23
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Hier soir, à Allauch, devant plus d’un millier de socialistes des Bouches-du-Rhône enthousiastes, Jean-Noël Guérini a prononcé un discours cadre sur l’avenir de la France et du Parti socialiste en vue du prochain congrès de Reims.
Vincent PEILLON, Delphine BATHO, Aurélie FILIPETTI, François REBSAMEN, Manuel VALLS ont pu aussi expliquer aux militants pourquoi ils avaient choisi la motion E : « L’espoir à gauche. Fier(e)s d’être socialistes. »
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» Chers amis,
C’est un plaisir pour moi de vous retrouver ce soir, dans une ville où résonnent toujours les moments forts de notre histoire collective. Votre mobilisation prouve que chacun mesure l’importance de ce rendez-vous et je constate, qu’une fois de plus, Roland Povinelli et ses équipes ont bien fait les choses. Je vous demande de saluer le maire d’Allauch, nouveau sénateur des Bouches du Rhône, avec Samia Ghali et Serge Andréoni.
Un mois nous sépare du congrès de Reims et comme moi, comme vous, Delphine Batho, Aurélie Filipetti, Manuel Valls, Vincent Peillon, et François Rebsamen ont conscience que rarement les défis qu’il nous impose n’ont été aussi difficiles à relever.
Question de leadership, question des alliances, question de la ligne politique : autant de sujets qu’il est impératif d’aborder avec courage, avec force et avec détermination.
Nous devons le faire dans un contexte d’inquiétude nourri par une crise d’une extrême gravité. Elle ne sera pas sans effets sur l’emploi et le pouvoir d’achat et elle nous oblige à faire preuve de dignité, de responsabilité et d’imagination.
Solennellement, j’affirme que dans cette situation, les socialistes, je dis bien tous les socialistes, doivent privilégier l’unité, le rassemblement et l’intelligence.
Cette réunion, qui rassemble les partisans d’une ligne claire pour le parti socialiste, les militants et militantes qui affirment qu’aujourd’hui, l’espoir est à gauche, des militants et militantes qui sont fiers d’être socialistes.
La volonté et l’ambition qui nous animent ont pour seul objectif de réussir le rassemblement autour d’une nouvelle équipe qui travaillera d’arrache-pied pour forger le projet qui permettra l’alternance dans notre pays.
Il est temps, grand temps, de tourner la page des guerres inutiles, bien dérisoires face à l’angoisse de nos concitoyens.
Avant la crise, le combat des chefs m’exaspérait. Pendant la crise, j’avoue que par moment, la préparation du congrès m’inquiète, parce que le débat que nous avons engagé semble être à des années lumière des préoccupations des Français.
Comme vous, comme de nombreux militants, comme bon nombre de nos concitoyens, je sens l’immense décalage entre la réalité et ce que nous déclarons. Pourtant, ce fossé ne tient pas à ce que nous affirmons, à ce que nous proposons, à ce que nous imaginons.
Depuis cinq ans, nous n’avons pas cessé de mettre en garde les partisans du néo–libéralisme, creuset d’une politique cynique. Depuis un an et demi, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les choix du gouvernement, fondés sur l’évangile des apôtres de la dérégulation. Depuis plus longtemps encore, nous appelons à la défense des services publics, et à la présence régulatrice d’un état fort, d’un état protecteur.
Mais ces discours, ces idées, ces propositions, nous n’avons pas su les faire partager parce que nous avons été, collectivement, aveuglés par les ambitions personnelles.
Orphelins de projet, nous nous sommes abandonnés au petit jeu des phrases assassines et des querelles de personne, et la réalité, qui se venge toujours, nous présente l’addition !
A l’évidence, nous ne sommes pas prêts. Il n’y a pas que les médias qui nous le disent. Les sondages, dont il faut se méfier, bien sûr, soulignent notre absence de crédibilité. Ils nous disent que nous ne ferions pas mieux que le Président de la République et nous rappellent qu’il nous faut travailler, travailler, travailler, encore et toujours, ce que nous n’avons pas fait au cours de ces dernières années.
Pourtant, l’heure n’est pas aux regrets, bien au contraire. L’heure est à la lucidité, au courage et à l’audace.
La crise que nous redoutions, une crise aggravée un gouvernement imprévoyant, la crise d’un système dur et injuste avec les plus fragiles est là. A nous d’y apporter les réponses et à nous de faire entendre notre voix !
Tout d’abord, je mets en garde ceux qui pourraient se réjouir de cette crise. Elle n’annonce pas de grands soirs purificateurs ! A l’extrême gauche, des moralisateurs candides pensent que des bourses qui jouent au yoyo et des faillites bancaires sonnent le glas du capitalisme et mettent à mort le libéralisme.
Dans nos rangs, aussi, on entend des voix qui prônent des retours en arrière dangereux et nous pressent de renier notre identité social–démocrate !
Soyons clairs ! Soyons précis ! Soyons lucides !
Le poison de la dette coulait dans les veines du système néo–libéral et le désastre actuel signe la débâcle de ceux qui veulent faire commerce de toute chose, au mépris de la morale et des règles républicaines.
Peut-on penser un seul instant que d’un mouvement fou pouvait surgir un monde meilleur ? N’oublions pas que 1929 a engendré des totalitarismes qui ont broyé le monde et semé la violence, la désespérance et la haine ! Et nous savons qu’un mieux pour les marchés financiers ne signifiera pas un mieux pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat ! Sauver le système bancaire, c’est nécessaire pour notre économie ! mais est-ce suffisant ? Il faut faire plus, il faut faire mieux ! Il faut faire en sorte que l’avenir que nous voulons construire ne se heurte pas aux terribles conséquences de la montée des populismes et des nationalismes !
Notre volonté, c’est d’aller vers plus de justice sociale, plus de fraternité, plus d’égalité. Plus que jamais, nous sommes légitimes quand nous dénonçons les attaques brutales de la droite, qui impose des changements qui font glisser des pans entiers de notre société vers la précarité.
Depuis mai 2007, les lois se succèdent et s’empilent, au gré des humeurs de l’opinion et cette stratégie qui réduit la gouvernance à une politique de communication, ruine l’idée même de réforme. C’est dans ce contexte délicat, exigeant, que nous devons dégager les chemins du renouveau.
Avec notre Déclaration de Principe, nous avons tranché en faveur d’un réformisme courageux, en assumant les choix de la social – démocratie, qui doit comprendre les règles d’un monde complexe et apporter des réponses à la hauteur d’enjeux incroyablement difficiles. Il n’est pas question de la renier sous les effets de la crise !
De même, au sein de notre parti, il faut donner sa chance à une nouvelle équipe, en phase avec les préoccupations de nos concitoyens.
Et enfin, nous voulons que notre congrès serve à désigner un Premier secrétaire et non pas un candidat à l’Elysée.
Ce sont ces principes qui ont été à l’origine d’une association autour d’une motion, dont l’ambition est de favoriser la réussite du congrès, qui doit être à la hauteur des enjeux.
Il ne s’agit pas d’une fusion, mais d’une démarche raisonnée, dynamique, audacieuse.
Dans ce contexte particulier, j’appelle notre Premier secrétaire à prendre ses responsabilités. Dans une situation de crise grave, s’il veut passer dignement le relais, il doit prouver aux militants, aux Français, à la France, qu’il est à la hauteur des fonctions qu’il occupe.
Le congrès doit avoir lieu, comme nous l’avons souhaité.
Mais celui qui s’apprête à passer la main doit tout mettre en œuvre pour que l’indispensable rassemblement s’opère très rapidement, sans déchirements, dans la clarté et la transparence.
Ainsi, ce n’est pas seulement le parti socialiste qui gagnera, ce n’est pas seulement la gauche dont il est l’élément central qui en sera renforcée, mais c’est bien la France qui s’y retrouvera et ce sont les Français qui verront une perspective se dégager.
Si nous privilégions l’unité, demain, notre parti, pourra aller de l’avant sur le socle d’une forte majorité. Si nous privilégions le rassemblement, demain, le parti socialiste sera le moteur de l’alternance qui apportera les bonnes réponses à la crise.
Ce soir, 31 jours nous séparent du congrès de Reims. Pour être entendus, nous devons être unis, sur la base de propositions sérieuses, crédibles et novatrices ! Ce soir, nous voulons montrer ce qu’est notre méthode, notre façon d’aborder les problèmes d’un monde complexe, qui exige réflexion et impose des réponses claires.
C’est la méthode qui permet au parti socialiste de gagner dans les villes, les départements et les régions. C’est la méthode qui aborde sans tabou les sujets qui sont au cœur des attentes de nos concitoyens.
Nous parlons aux Français, de leur vie, de leurs problèmes. C’est à eux que nous nous adressons. C’est avec eux et c’est pour eux que nous militons, que nous nous mobilisons.
C’est ainsi que nous serons le fer de lance de ce socle majoritaire qui portera les espérances de la gauche. »





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