A propos du revenu de solidarité activé
Par JNG, à 18:37
Economie, Général, Impôts, Marseille, Social
Il n’est pas question pour moi de faire la fine bouche sur l’intérêt du Revenu de Solidarité Active.
A plusieurs reprises, j’ai plaidé pour l’expérimentation de cette mesure car le R.S.A. me paraît être une forme d’incitation à la reprise d’emploi qu’on ne peut écarter si l’on a le souci de l’efficacité.
Le Président de la république a donc arbitré en faveur de Martin Hirsch et c’est une bonne chose. Toutefois, je tiens à ajouter que je suis conscient des limites de ce nouvel outil qui n’est pas, loin s’en faut, la panacée et nous sommes loin de l’avancée représentée par le RMI en 1988…
Dans le tintamarre médiatique qui fait désormais office d’information, on nous a certes parlé du Revenu de Solidarité Active, mais on s’est aussitôt empressé d’embrayer sur les embarras de la gauche face à une décision qu’elle aurait pu prendre et l’urticaire de la droite face à la mise en place d’un nouvel impôt.
Paroles, paroles, comme d’habitude, serais je tenté d’écrire. Le R.S.A. n’est pas de droite, ni de gauche.
Il est juste, légitime ou il ne l’est pas. C’est à l’aune de l’efficacité que l’on doit juger les choix en matière d’emploi, d’insertion et de lutte contre les exclusions.
Mais si l’on veut être pertinent, il faut tout de même pousser un peu plus loin l’analyse et essayer de voir dans quel cadre politique s’inscrit le choix du locataire de l’Elysée. Et en la matière, il y a loin de la coupe aux lèvres.
En premier lieu, le R.S.A. ne peut pas remplacer une mesure générale de revalorisation des bas salaires, mesure indispensable qui doit être décidée en étroite concertation avec les partenaires sociaux.
Sans cela, de nouvelles inégalités viendront fragmenter le marché du travail et le tassement des revenus se fera au détriment des salariés les plus modestes qui ne bénéficient pas du RSA, entraînant une fois de plus tout un pan de la société vers le bas.
Il me semble que c’est bien la question essentielle et elle n’a pas été réellement abordée au cours de ces derniers jours.
Que l’on ne perde pas de l’argent en reprenant un emploi, c’est essentiel si l’on veut lutter contre l’assistanat. Mais améliorer le pouvoir d’achat des familles modestes et impliquer les entreprises dans les politiques de lutte contre l’exclusion et pour l’emploi, c’est vital si l’on veut sortir du marasme économique dans lequel nous sommes plongés.
La gauche le dit depuis longtemps, mais bien des commentateurs, fascinés par le tourbillon des stocks – options et le ballet des parachutes dorés ne veulent pas l’entendre.
D’autre part, il faut combattre le développement d’emplois à temps très partiel qui pourraient être « dopés » par ce dispositif qui ne doit pas être une case supplémentaire dans la mise en place d’une précarité assistée.
Deuxième point. Ce sont les classes moyennes qui sont une nouvelle fois mises à contribution. Les plus fortunés, en revanche, sont épargnés ou soulagés grâce au bouclier fiscal …
Les chiffres parlent d’eux – mêmes. 13 milliards grâce au paquet fiscal et 1,3 milliard pour le R.S.A. Cherchez la différence….
Ils prouvent que le choix du R.S.A. et la victoire de Martin Hirsch ne signifient pas une inflexion de la politique gouvernementale. Les couinements émis par les libéraux qui peuplent les allées du pouvoir sont une vieille rengaine. Pour eux, les socialistes représentent la taxe, l’impôt, l’horreur fiscale, en quelque sorte. Ces bonnes âmes ne sont jamais parvenues à nous expliquer comment l’on pouvait financer sérieusement une vraie politique de solidarité et défendre les services publics…
Dans les Bouches-du-Rhône, ne leur en déplaise, j’ai prouvé que d’autres choix étaient possibles en prenant à bras le corps le dossier du revenu Minimum d’Insertion au lendemain d’une décentralisation précipitée qui s’est résumée à un transfert de charges. En trois ans, grâce à une action courageuse, inventive et dynamique, nous avons privilégié l’insertion par l’emploi et le nombre d’allocataires à diminué de 25%.
Je n’ai jamais caché mes choix politiques et mes idées. Ce n’est pas mon genre. J’ai toujours privilégié la justice dans une lutte sans merci contre l’exclusion.
Alors, de droite, de gauche ? Et si l’on était simplement proche des gens, en rappelant sans cesse que chacun est important et doit profiter de politiques privilégiant la justice sociale, l’équité et la responsabilité.
Pour moi, la gauche, c’est cela. Je constate que depuis six ans, la politique menée au plan national n’emprunte pas ce chemin. Et je le regrette…





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