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mai.

 » Le parti socialiste est en danger  » : intervention de Jean-Noël Guérini lors de la conférence de presse commune avec Vincent Feltesse et Gérard Collomb

Par Administrateur, à 11:32

Agenda, Economie, Général, Marseille, Municipales, Social, sécurité

Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb (maire de Lyon), et Vincent Feltesse (président de la Communauté urbaine de Bordeaux) viennent tout juste de tenir une conférence de presse commune à la Maison de la Chimie de Paris au sujet de l’état du Parti socialiste et de son évolution. Voici les propos qu’a tenu Jean-Noël Guérini aux journalistes présents :

 » Mesdames et messieurs les journalistes,

Nous avons décidé de déposer, ensemble, une contribution générale dans le cadre de la préparation du congrès de Reims.

Je tiens à vous dire que le trio que nous formons est appelé, très rapidement, à s’élargir. De nombreux élus, de nombreux militants, ont manifesté leur volonté de nous rejoindre et nous apportent leur soutien.

Que les choses soient claires. Il ne s’agit pas pour moi et pour de nombreux militants des Bouches-du-Rhône de renouveler le scénario de 2005, à l’occasion du congrès du Mans. A ce moment là, j’avais indiqué que notre volonté de rédiger une contribution, dans les Bouches-du-Rhône, ne relevait ni du caprice, ni du mouvement d’humeur. Trois ans plus tard, je pourrais reprendre ces mots, et être plus sévère encore.

Si nous nous sommes retrouvés, avec Gérard et Vincent, c’est bien parce que nous considérons que le parti socialiste est en danger : absence de ligne politique crédible, absence de discours audible, divisions, combat des chefs, querelles de personnes. Inutile de dresser, une fois de plus, le sombre tableau qui encombre, chaque jour, les journaux.

Dans le même temps, les récents épisodes électoraux ont confirmé un paradoxe. 2004 après 2002, 2008 après 2007. Succès locaux au lendemain de défaites nationales.

Je regrette, et le mot est faible, ce décalage qui s’approfondit entre le local et le national et sur l’incapacité chronique du parti socialiste à être crédible et audible dans le débat politique, alors que nous gérons une majorité de communes, de départements et de régions. Il est temps de mettre un terme à cette contradiction, en forgeant un vrai projet d’alternance.

Ce que nous voulons, que dis-je, ce que nous exigeons, c’est que notre parti se fixe un nouveau cap, et soit enfin capable de comprendre et de dire les immenses changements qui affectent notre société.

En un demi-siècle, l’espérance de vie des Français a augmenté de 25 ans. De nouvelles libertés se sont développées. Parallèlement, de nouvelles menaces, de nouveaux risques sont apparus et de nouvelles inégalités se sont creusées, faisant apparaître de nouvelles demandes en matière de sécurité.

Face à ces contradictions, où les rêves collectifs s’effacent souvent derrière les aventures individuelles, nos analyses, nos idées et nos propositions se sont rétrécies, rabougries, fanées. Comme si nous étions incapables de penser le monde, alors que nous sommes capables, au plan local, de fédérer, de rassembler, d’innover.

Je l’ai dit à de nombreuses reprises au cours de ces derniers mois et je le réaffirme avec force ce matin. Il n’est pas question pour nous de nous affilier à une quelconque écurie présidentielle. Ce n’est certainement pas, à mon sens, en choisissant, aujourd’hui, un hypothétique champion pour 2012, que nous règlerons nos problèmes.

L’heure est venue de construire une majorité d’idées, centrée sur nos valeurs de solidarité, de justice sociale, en montrant que nous sommes ancrés dans un monde en mutation.

Ce monde exige de nouvelles stratégies, de nouveaux partenaires et le changement que nous appelons de nos vœux doit être à la hauteur du changement qui bouleverse le monde qui nous entoure. C’est pour cela qu’il n’y a pas de sujet tabou !

Notre démarche n’exclut personne. Elle impose, en revanche, du courage, du dynamisme et de l’audace. Il est évident que nous sommes face à un immense défi. Mais nous n’avons pas l’intention de reculer devant l’obstacle.

C’est tout le sens de la contribution que nous déposerons, dans quelques semaines, pour le congrès de Reims.  »

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4 commentaires pour “ » Le parti socialiste est en danger  » : intervention de Jean-Noël Guérini lors de la conférence de presse commune avec Vincent Feltesse et Gérard Collomb”

  1. 21 mai 2008 à 18:48
    Gonzalez Miguel dit :

    En écrivant mon commentaire ce matin, j’avais le sentiment que je serais en phase avec le discours de notre chef de file. C’est même plus que je n’espérais.

    Dans la contribution présentée conjointement par Vincent Feltesse, Gérard Collomb et Jean Noël, l’accent est pointé sur le prochain congrès, qui semble bien mal engagé. C’est bien le sentiment que nous partageons tous. Oui, mes amis il y a urgence. Notre Parti Socialiste est en grand danger comme le souligne Jean Noël dans son discours. Aussi, nous devons nous fédérer autour de lui pour faire entendre raison à nos responsables nationaux, qui n’ont dans la tête que leur avenir pour 2012.

    Mais avant de penser à 2012, nous avons besoin de mettre à la tête de notre Parti, un leader qui reprenne en main une vraie ligne politique, un programme de gouvernance crédible que nous souhaitons pour notre pays. L’après Sarkozy est pour bientôt, il sera sans aucun doute catastrophique. Alors, si d’ici là, nous n’avons pas été capable d’établir un programme cohérent et fiable, nous retournerons dans la galère ou nous sommes tombés un soir d’avril 2002.

    Pour ma part, je fais confiance à Jean Noël pour faire entendre nos voix. Mais vous aussi mes amis vous devez vous positionner clairement et faire entendre la votre. Servez-vous de cette opportunité que nous a donnée Jean Noël de débattre en direct.

    Jean Noël, nous te soutenons dans ta démarche et nous serons tous derrière toi

  2. 22 mai 2008 à 10:32
    Adam BOINA dit :

    Merci cher camarade,

    Nous sommes un certain nombre à le dire depuis un moment. Alors que certains responsables nous demandent de nous positionner par rapport à un tel ou un tel autre leader, nous leur avons à chaque fois répondu que nous avions marre de cette guerre de chefs, et que nous nous positionnerons uniquement sur un projet, un vrais projet pour notre organisation politique et pour la France. Merci de porter aujourd’hui, la haut, notre petite voix de militants…

  3. 26 mai 2008 à 22:57
    karima FRAI dit :

    Je trouve cette initiative très intéressante. J’espère qu’elle sera largement soutenue. Il est primordial que les responsables nationaux du PS entendent la mise en garde lancée par les élus locaux et les militants et prennent conscience du danger représenté par une nouvelle guerre des chefs. Le congrès de Reims qui se tiendra en novembre 2008 doit être l’occasion de réformer le parti et de mettre en place un projet porteur d’espérance, crédible, ambitieux et innovant.

  4. 15 juin 2008 à 18:00
    kertesz danielle dit :

    il est louable de vouloir procéder à la refondation de la gauche, mais le déclin du PS n’est pas dû à une idéologie qui ne serait plus de gauche, mais à l’arrogance de la droite, aux contre-vérités qu’elle profère sans arrêt et à la mollesse ou l’absencde réactions de la gauche – j’espère que le livre de Karouchi.. qui attaque les régions tenues par la gauche sera violemment contredit par la G -
    et je parle pas de la lutte pour le pouvoir qui se profile au PS – ça nous désespère -

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