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fév.

« A la fin de mon mandat, Marseille sera devenue une capitale internationale de la Culture »

Par Administrateur, à 20:36

Agenda, Culture, Economie, Général, International, Marseille, Municipales

Jean-Noël Guérini vient tout juste de présenter aux acteurs de la vie culturelle marseillaise, française et internationale, ce soir à la Friche de la Belle de Mai, ses propositions de politique active, moderne et ambitieuse pour faire gagner la culture à Marseille. Voici le contenu de ses propos.

« Chers amis,

Je voudrais remercier nos hôtes de la Friche de la Belle de Mai, saluer le travail qui a été accompli ici depuis presque 20 ans, et dire combien je suis convaincu que ce lieu doit intensifier dans l’avenir son rôle de pôle de création artistique, ainsi que celui de passerelle entre la culture et l’économie, notamment dans la perspective du rapprochement des contenus et des outils de production. Nous en reparlerons sans doute pendant cette soirée, en tous cas merci à la Friche !

Même s’il a changé d’avis récemment, mon concurrent, Jean Claude Gaudin, s’est longtemps flatté, d’avoir prévu une campagne électorale très courte. C’est sans doute qu’il pensait déjà tout savoir, qu’il pensait avoir tout évalué, que pour lui, comme pour la marquise de la chanson, « tout va très bien… »

Et pourtant ! Si comme moi, il arpentait les rues, si comme je le fais avec mon équipe depuis des mois, il passait du temps à discuter avec la population, il comprendrait que non, tout ne va pas bien à Marseille et particulièrement dans le secteur de la vie culturelle.

Il verrait, Monsieur le Maire sortant U.M.P., si comme moi il venait à la rencontre des Marseillais, qu’on ne peut plus appréhender aujourd’hui la ville comme on la pensait en 1960, surtout quand on ne s’appelle pas Gaston Defferre. Il verrait que son bilan, c’est finalement celui de l’ennui qui décourage les plus imaginatifs, c’est celui de l’immobilisme qui décourage la jeunesse, c’est celui du manque d’ambition qui décourage les plus audacieux.

Il faut en finir avec cette situation. Je n’accepte pas ce manque d’énergie et ce manque d’ambition pour cette ville que j’aime, pour cette ville qui déclenche tant de passion de la part de ses habitants, pour cette ville qui, objectivement, séduit tout ceux qui la rencontrent, mais qui ne comprennent pas pourquoi le métro s’arrête à 21 heures, pourquoi les rues sont si sales, pourquoi les boulevards sont si mal éclairés.

Il est temps, mes amis, de faire sortir Marseille de son isolement et de sa provincialisation, de lui rendre ses attributs de capitale, de faire de Marseille une métropole, moderne et internationale, mais qui ne laissera personne sur le bord du chemin.

La politique culturelle que je vais engager, devra porter l’image de modernité, elle devra porter l’idéal de l’exigence et de l’excellence partagée par tous, elle devra être l’élément central de rassemblement de tous les Marseillais, elle sera le ciment de la cohésion sociale en s’ouvrant à la culture de tous, elle sera ce qui rendra à Marseille sa place de capitale.

Voilà pourquoi on doit lire la culture partout, voilà pourquoi on doit la voir dans l’urbanisme, voilà pourquoi on doit la comprendre dans le mobilier urbain, voilà pourquoi on doit en mesurer les effets dans la formation de tous, voilà pourquoi j’en fais un enjeu majeur de la politique que je conduirai pour Marseille.

Partout où je suis allé, j’ai vu des villes qui réussissaient. Des villes dynamiques, des villes en phase avec la jeunesse et plus largement avec toute la population, des villes qui ont su passer sans encombre le cap du XXIème siècle. Des villes où l’on sort le soir, des villes où la population se rassemble autour de multiples manifestations. Des villes qui apprivoisent le futur, des villes où les gens sont heureux parce qu’ils y trouvent leur place. Des villes qui rayonnent : Nantes, Lille, Lyon, Turin ou Barcelone.

Alors, mes amis, je vous le dis tout net : je ne suis pas venu vers vous avec un catalogue de promesses, dont je sais par avance que je ne pourrai pas les tenir. Je laisse cet exercice au Maire sortant U.M.P., il a l’habitude de le faire, en adulte responsable comme il aime à le dire. Comme à chaque campagne électorale, il découvre qu’il y a des problèmes dans les Musées, il dit qu’il va transformer le Palais Longchamp en Palais du Louvre, qu’il va avoir le MUCEM, qu’il va faire des bibliothèques et restaurer des théâtres.

Il ne cesse de se lancer des défis, toujours les mêmes, et n’en concrétise aucun.

Moi, en venant vous parler de culture, je suis d’abord venu vous parler d’attitude, d’énergie et d’ambition. Je suis venu vous parler de comportement démocratique, d’espoir pour la jeunesse, de désirs partagés. Je suis venu vous parler de l’absolu nécessité de réinstaller Marseille dans la modernité. Parler de culture, c’est d’abord pour moi, parler du rapport à la vie.

Et ce rapport à la vie, cette conception de la société, elle s’oppose en tout point à ce que nous propose jour après jour, Monsieur Sarkozy à Paris, et son ami Jean Claude Gaudin à Marseille.

Je vous le dis, je ne veux pas pour Marseille d’une politique culturelle seulement fondée sur la demande, sur la marchandisation, sur la rentabilité, et sur l’abandon systématique des valeurs culturelles qui ont toujours participé en France, à forger le pacte républicain.

Je ne veux pas pour Marseille d’une conception de la modernité, qui en confondant rayonnement et peoplelisation, ambition et avidité, développement personnel et individualisme, abandonnerait à jamais le devoir de construire une société respectueuse des différences, une société harmonieuse où chacun puisse trouver sa place, où la notion de partage ne soit pas sacrifiée aux intérêts financiers d’un nombre de plus en plus réduits de puissants ou de privilégiés.

Mais que se passe t-il aujourd’hui avec Sarkozy ?… Dans le cinéma ? Dans le spectacle vivant ? Dans le patrimoine ? Dans les arts plastiques ? Dans les Musées ? Dans le secteur du livre ou dans celui de la librairie ?

Partout, dans tous les secteurs de la culture, les crédits sont annulés, les moyens disparaissent.

On assiste à la mise en place d’une véritable stratégie de démantèlement de la culture, clairement voulue par Monsieur Sarkozy qui pense que ça ne sert à rien la culture, appliquée par Monsieur Fillon qui trouve que ça coûte trop cher, défendue par Monsieur Gaudin qui ne réagit plus, même lorsqu’on l’informe que les lignes budgétaires « politique de la ville » sont supprimées ou que les crédits de l’audiovisuel sont diminués de 50% à la DRAC et que les associations et les opérateurs culturels marseillais seront conduits à la faillite !

Alors, s’il est vrai que le pays doit être réformé, s’il est vrai qu’il doit s’adapter à de nouvelles formes de fonctionnement, réforme et adaptation ne doivent pas être systématiquement synonymes de régression ou d’abandon et en particulier dans le secteur de la culture qui fait une des forces de notre pays !

Je ne suis pas d’accord avec cette politique de régression engagée par Nicolas Sarkozy, mais je suis bien obligé de constater que Jean Claude Gaudin la soutient. Il la soutient d’autant plus qu’il l’applique à Marseille et depuis déjà trop longtemps.

Alors, je vous l’ai dit, je ne suis pas venu vous faire des promesses et je ne vous mentirai pas. Dans le contexte budgétaire dans lequel nous allons nous trouver, d’une ville et d’une communauté urbaine en totale faillite, nous devrons trouver des solutions crédibles.

En premier lieu, la Mairie devra remettre à niveau les outils dont elle a la charge directe.

Les Bibliothèques, les Musées, l’Opéra, l’Ecole d’art, les Archives, le Conservatoire, sont des instruments municipaux. Il faut absolument qu’ils retrouvent leur rang. Il faudra qu’ils jouent à nouveau le rôle d’entraînement qu’ils jouaient par le passé.

Depuis dix ans on a vu s’étioler ce qui constituait de véritables fleurons de la culture, et le succès public de la Bibliothèque de l’Alcazar voulue par Robert Vigouroux, ne réussit plus à masquer une situation déprimante et très préoccupante. On ne peut pas prétendre à devenir Capitale Européenne de la Culture, et ne rien proposer, ou ne compter que sur la miraculeuse intelligence de Bernard Latarjet et de ses amis. La Mairie doit agir !

Sur ces questions qui concernent l’administration municipale, dont certaines sont difficiles mais capitales pour l’avenir, je pense à l’Opéra notamment, je m’y engage, et ce sera une de mes responsabilités de Maire de Marseille, je prendrai les problèmes à bras le corps. Il faut que tout le monde comprenne bien que je ne me satisferai pas de la situation actuelle.

De même, pour le patrimoine de Marseille, il n’est pas concevable de laisser dans un état de quasi abandon des éléments patrimoniaux aussi important que le Palais Longchamp ou le Château Borély, ou encore l’Abbaye de Saint Victor dont l’inscription des cryptes dans le Plan Patrimoine Antique permettrait à la Mairie de bénéficier de 95% de subventions qu’elle n’a même pas demandé, malgré les multiples propositions faites par le Ministère de la Culture, par la Région ou par le Département.

Avec les structures culturelles dont la ville partage la responsabilité avec les autres collectivités mais surtout avec l’Etat, et on peut dire que ces structures sont nombreuses à Marseille (Théâtre de la Criée, du Merlan, Arts de la rue, CIRVA, Ecole de Danse, Ballet National, Friche de la Belle de Mai, etc.), il faudra là aussi avoir des débats de fond.

Sur le sens d’abord. Quel dialogue la Mairie a entrepris avec toutes ces structures ? Qu’est ce que la Mairie attend de chacune d’entre elles ? Quelle réflexion a-t-elle engagée sur l’impact de ces institutions dans la ville ? À l’échelle nationale ? À l’échelle internationale ? Quels objectifs a-t-elle su leur fixer ? Quelle place la ville veut donner aux artistes ?

Je ne crois pas me tromper en disant que rien ou pas grand-chose n’a été fait, qu’aucun débat n’a jamais eu lieu !

J’engagerai donc des débats avec chacune des structures culturelles. Nous fixerons des objectifs, des cahiers des charges, le plus précis possible. Ces structures culturelles ont un rôle à jouer dans la ville, rôle d’animation, rôle pédagogique, rôle de production d’images. Elles ne doivent pas s’en tenir au seul rôle d’accueil de spectateurs.

Je ne suis naturellement pas en train de leur faire un procès d’intentions, je veux simplement souligner le fait que la ville ne leur a jamais rien proposé, qu’elle n’a même jamais sécurisé leur budget, et que c’est cela qui pose problème.

Enfin, concernant le réseau des associations culturelles de Marseille, qui est très riche et très diversifié, il est au fond très représentatif de la capacité des habitants, et notamment des jeunes, à vouloir s’exprimer malgré l’éteignoir de la Mairie.

Ce réseau d’associations culturelles est aujourd’hui totalement atomisé, sans contact réel avec la Mairie. Il n’est pas pris en compte dans ce que pourrait être une stratégie unificatrice, et il y a là un considérable chantier à ouvrir. D’abord dans le dialogue qui permet de fertiliser les initiatives, d’abord dans le respect qui garantit l’indépendance et les libertés individuelles, mais aussi autour de grands projets d’ensemble portés par la Ville, comme Paris l’a fait par exemple avec « les nuits blanches », ou comme Nantes l’a fait avec « les allumés », « la folle journée » ou « tissés-métissés ».

Oui, je suis favorable à ce que des manifestations de grande ampleur soient organisées à Marseille. Mais mon modèle ne sera pas comme le Maire sortant U.M.P. le souhaite le carnaval de Nice, aussi sympathique soit-il !

Les grandes manifestations auxquelles je pense, devront être un moyen pour les opérateurs culturels Marseillais, de prendre part à des projets significatifs, sans perdre leur originalité ni leur devoir d’excellence pour tous. Elles doivent être des moments intenses et festifs de cohésion sociale de l’ensemble des Marseillais. Elles doivent aussi être l’occasion pour Marseille d’envoyer des messages au monde, et d’être face au monde, debout à nouveau, fière d’elle-même à nouveau, et les bras ouverts.

Cette ville, nous le savons tous au plus profond de nous-mêmes, à des choses à dire sur le vivre ensemble, sur l’hospitalité, sur la modernité, sur la créativité, sur la générosité, sur l’avenir. Elle doit parler !

Voilà, ce qui est la manière dont je vois la ville, et comment j’entends très fermement faire jouer à la culture un rôle qui m’apparaît aller de soi.

Pour réussir ce pari, pour réussir cette indispensable mutation, je m’engage à suivre personnellement ce dossier de la culture.

Il y aura un adjoint délégué à la culture dans mon équipe, sous mon autorité, et je m’entourerai d’une équipe de grands professionnels coordonnée par un conseiller spécial qui sera Bernard MILLET.

Nous étudierons les questions de ressources financières et de ressources humaines, les questions des modes de gestion des grands équipements culturels Marseillais, dont certains doivent être envisagés à l’aune de leur audience territoriale réelle.

L’Ecole des Beaux Arts de Marseille, l’Opéra, certains Musées par l’importance de leurs collections, certains Théâtres, le conservatoire, jouent, et je m’en félicite, un rôle qui dépasse largement le territoire de la ville. Ces grands établissements culturels sont ce qu’on appelle en jargon technocratique, des charges de centralité pour la ville.

L’enjeu ne sera pas de faire simplement reposer leur coût sur d’autres collectivités. Personne ne l’accepterait évidemment. L’enjeu sera de voir comment on peut trouver des solutions, en établissant des partenariats équitables avec d’autres collectivités, comme c’est le cas dans toutes les métropoles européennes.

Enfin, il y a un certain nombre de projets qui constitueront l’épine dorsale de la politique que je vais mettre en place aussitôt que je serai élu.

La Mairie, vous le savez probablement, a engagé un projet de transformation du Silo d’Arenc, en salle de spectacle, pour abriter les services de l’Opéra pendant que le bâtiment de l’Opéra sera en restauration. Ce choix conduit au final à doter Marseille de deux Opéras !

Alors on me dit que non, le silo sera en fait une salle de spectacle et un café musique. Mais enfin ! À quelques centaines de mètres seulement du Dock des Sud qui vient à peine d’être réaménagé ? On va donc installer deux sites de spectacles quasiment au même endroit ?

Cette histoire ne tient pas debout. Elle tient d’autant moins debout que la Ville, si prompte à demander des subventions pour la création d’équipements, n’a rien demandé de sérieux à personne pour ce chantier. Ni au Ministère de la Culture, ni à la Région, ni au département. 40 millions d’euros à la charge de la Ville et de la SOGIMA qui est une société d’économie mixte contrôlée par la ville. Voilà un bel exemple de gestion de la part d’un adulte responsable !

Alors je vous le dis, j’arrêterai ce chantier le jour même de mon élection, et je m’engage à créer dans le Silo, un Musée d’art Moderne et Contemporain, en réunissant la collection du Musée Cantini et du MAC. Depuis 20 ans se pose à Marseille le problème de l’incapacité de la ville à montrer correctement cette collection, qui est une des plus riches en province. En dotant ce nouveau musée d’espaces d’expositions aux normes internationales, nous apporterons là une réponse claire et précise.

Pour ce qui concerne l’Opéra. Il doit être restauré nous le savons tous.

Nous engagerons sa restauration afin que le public puisse être reçu dignement. Pendant les travaux, nous verrons si le Dôme peut être utilisé pour des spectacles lyriques de grande forme, nous discuterons avec les directeurs de théâtres pour que des opéras de petites formes soient créés dans des théâtres afin de ne pas priver les Marseillais de leur saison lyrique.

Pour ce qui concerne les saisons symphoniques, nous allons restituer le Pharo aux Marseillais. Ce site est probablement un des plus agréables de la ville, il doit être plus largement ouvert au public qu’il ne l’est aujourd’hui. L’amphithéâtre du Pharo sera adapté à l’accueil de concerts, il deviendra l’auditorium de Marseille.

De même que le jeune public et les amateurs d’opérettes trouveront avec l’Odéon sur la Canebière, un théâtre adapté à ce type de spectacles. L’Odéon réouvert, sera mis en lien avec les structures culturelles qui travaillent déjà sur ces secteurs de la culture. L’Odéon sera ainsi un outil important de revitalisation du haut de la Canebière.

Pour ce qui concerne le livre et la lecture publique, je vous le dis là aussi très solennellement, je vais mettre fin à ce que je pense être un très grave scandale.

Je réaliserai la médiathèque de Saint Antoine promise depuis quinze ans, inscrite au Grand projet urbain de Marseille, et pour laquelle rien n’a été fait. Je réaliserai aussi celle de la Valbarelle, dans les locaux de Rivoire et Carret. Ces deux médiathèques seront dotées de service de soutien scolaire.

Sur ce sujet de création des médiathèques, pas plus que sur les autres d’ailleurs, qu’on ne me traite pas de rêveur ou de distributeur de promesses ! Ou alors il faudra m’expliquer comment on peut laisser 400.000 personnes sans aucun équipement culturel de proximité, et prétendre à devenir capitale européenne de la culture ? Je vous le dis, c’est une question de moralité publique, et rien ne me fera faire machine arrière ! Et ceci d’autant plus que je suis bien conscient que dans une ville de la taille de Marseille, ce sera encore insuffisant.

Les grandes manifestations publiques que j’appelle de mes vœux, contribueront aussi à cet élan nouveau. Je pense que les Arts de la Rue devront être mis à contribution, cela va de soi, mais qu’un évènement autour du livre et de la méditerranée constituerait aussi une proposition structurante. Nous étudierons sa faisabilité pour une première édition dès 2009.

Mais une politique culturelle ce n’est pas seulement des équipements et des manifestations. Ce doit être aussi de la synergie. Synergie entre les Théâtres autour de l’idée de saisons par exemple. Synergie et mise en réseau du tissu associatif, des actions culturelles dans les quartiers, qu’il s’agisse des quartiers du Centre ville ou de la périphérie.

Et puis, une politique culturelle doit être aussi volontariste vers les publics. Vers ceux qui en sont le plus éloignés, vers les jeunes, vers les scolaires pour qui des pass-jeunes doivent être mis en place, pour qui l’initiation artistique ne doit pas être un gadget. Tous les sociologues, tous les pédagogues, pointent l’importance des pratiques culturelles dans la réussite des apprentissages. La Mairie remplira sa part, mais rien ne sera possible sans vous. Il est de notre responsabilité, vous acteurs culturels, nous responsables politiques, de ne jamais renoncer sur ce sujet. Je ne veux pas d’une ville fracturée.

Tout cela sera difficile à réaliser, je le sais. Je sais que le Palais Longchamp a été laissé à l’abandon et qu’il faut réunir 160 millions d’euros pour le restaurer, mais nous commencerons et il faudra plusieurs mandats et probablement plusieurs maires pour achever ce chantier, contrairement à ce que claironne le maire sortant U.M.P. depuis dix ans.

Je sais aussi que l’Abbaye de Saint Victor s’effondre, qu’il faudra rationaliser les Musées, qu’il faudra rénover bien des salles de spectacles, à commencer par la Criée. Nous nous mobiliserons sur ces dossiers, et nous établirons une programmation sérieuse de travaux.

Je sais aussi qu’il nous faudra trouver une solution pour le Château Borély fermé depuis quinze ans, nous la trouverons y compris en en allant chercher des solutions dans le privé.

Mais tout cela, ce travail immense à accomplir est la conséquence de l’héritage du maire sortant U.M.P., qui au bout de treize ans, va laisser la ville ruinée financièrement, et en ruines matériellement.

Et quelle crédibilité a-t-il pour défendre la candidature de Marseille capitale européenne de la culture ? Quelle crédibilité a-t-il lui qui, le premier avec son projet de coupe de l’América, a mis à mal le projet de réalisation du MUCEM ?

Alors, et je voudrais terminer mon propos sur ce dossier de la candidature de Marseille-Provence capitale Européenne de la Culture en 2013. Je dois vous dire que je suis extrêmement favorable à ce projet.

Mais pour réussir, nous le savons tous, il faut que la ville puisse avoir de vrais équipements et ne se contente pas d’incantations. Il faut aussi que l’ensemble des acteurs culturels soit réuni, que les enjeux de cette candidature pour la ville soit clairement énoncé et pas seulement sur le seul angle des retombées économiques, il faut aussi que le débat se déroule et je l’organiserai.

Mais il faudra que le que le projet du MUCEM passe du stade de promesse de l’Etat à celui d’engagement. Je ne cesserai pas d’avoir en tant que Maire de Marseille une attitude ferme, pour que l’Etat tienne sa promesse.

Pour réussir, il faudra aussi que la Région puisse construire son futur Centre Régional de la Méditerranée. Le Président Vauzelle l’a répété à plusieurs reprises, il est prêt à le faire, le projet est très important pour la candidature de Marseille, mais aussi pour son rayonnement en Méditerranée. Je ferai également tout, je m’y engage pour que la construction de ce futur bâtiment commence le plus vite possible et pour qu’il s’inscrive pleinement dans le paysage culturel Marseillais.

La dimension internationale que j’entends donner à Marseille, son rayonnement en Europe et en Méditerranée passe aussi par la capacité de la ville à vouloir vraiment jouer son rôle de capitale internationale. Il en va de l’avenir de cette ville, et la culture doit y contribuer. Je serai très vigilant sur cette question.

Voilà chers amis ce que je voulais vous dire ce soir, concernant le projet qui est le mien pour la culture dans cette ville. Je vous prie de m’excuser d’avoir été trop long, mais c’est un sujet qui m’importe beaucoup vous l’aurez compris. Je crois que Marseille est à nouveau à un tournant de son histoire, et dans cette époque où s’opère une violente compétition entre les villes, nous n’avons pas d’autres choix que faire gagner Marseille, et la culture doit être un de ses atouts.

Pour finir, je vais vous faire une promesse. Que le Jury Européen retienne ou non la candidature de Marseille pour être capitale Européenne de la Culture, je vous promets qu’à la fin de mon mandat, Marseille sera devenue une capitale internationale de la Culture.

Je vous remercie.  »

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4 commentaires pour “« A la fin de mon mandat, Marseille sera devenue une capitale internationale de la Culture »”

  1. 5 février 2008 à 10:30
    Joëlle Burle dit :

    Une réunion débat…sans débat… dommage.
    Malgré cela, je soutiendrai très fort l’idée qu’il est temps du changement, pour lequel il va bien falloir changer de méthode et sortir des clivages politiques.
    Il est grand temps que l’on parle d’une nouvelle politique culturelle pour Marseille, faîte par les marseillais et pour les marseillais qui, pour la plupart, ont une relation forte à leur ville.
    On peut parler d’une culture « plus dans la rue », sortie des lieux dits « classique ».
    Il est vrai que les arts de la rue ont trouvé à Marseille un joli terrain d’expérimentation, j’y adhère, mais Je laisserai le sujet à d’autres, ils en parleront mieux que moi.
    Je fais partie de ceux qui souhaiteraient que l’on n’oublie pas pour autant de protéger et de valoriser ce que l’on a déjà.
    Vous nous avez parlé du conservatoire, c’est un bon exemple.
    Le conservatoire de Marseille est dans un état de vétusté terrifiant. Il est, à lui tout seul, non seulement, un véritable patrimoine, en terme de formes bâties, mais il est également un lieu de formation essentiel pour l’avenir culturel d’une ville.
    Le second point que l’on ne peut passer sous silence : l’Hôtel Dieu.
    Je suis de ces marseillais horrifiés à l’idée que l’on transforme ce bâtiment, et avec lui un morceau de notre vieille ville en un hôtel 5*, en un ghetto pour riches.
    Il ne paraissait pas difficile de faire mieux. D’autant plus que l’opération se fait, on le sait, aux détriments de nos bourses et au bénéfice du groupe AXA.
    Enfin, que jamais plus il ne soit question de bétonner la passe du vieux port, comme cela fut le cas pour l’América Cup.
    La municipalité de Gaudin avait programmé un projet qui, sans complexe, détruisait ce qui me semble être le premier trésor de tous les marseillais. Car, du plus pauvre au plus riche, tous ensemble les marseillais ont un trésor à partager et à protéger : un site merveilleux.

  2. 5 février 2008 à 18:10
    Eric Magnaval dit :

    Intéressante réflexion, et visiblement un projet pensé et muri.
    Juste un petit problème : le Silo : il sera difficile et couteux (indemnisations) de renoncer à finir cette salle. Finie, elle ne fera pas doublon avec l’opéra, puisqu’elle accueillera ensuite des spectacles de variétés ou plus grand public, avec une capacité qui manque à Marseille. Le Dome, c’est une horreur pour l’opéra ! et faites plutôt le musée d’art moderne (qui manque) sur le port, vers Arenc, avec un bâtiment emblématique comme Guggenheim à Bilbao. Cela fera deux musées modernes au lieu d’un seul ! Allez aussi voir à Valence ce qui a poussé dans le lit du Turia.
    Pour l’hôtel Dieu cher à Joëlle Burle, en Espagen ou en Portugal, ce serait un parador depuis longtemps. Et un hôtel, c’est un lieu public, où on peut se promener, boire un verre… plus en tout cas que dasn un hôpital. Vous y avez été souvent, vous, à l’hôtel-Dieu d’avant ?

  3. 6 février 2008 à 17:03
    Ramtani Djamel dit :

    je suis membre du conseil national des populations immigrées et membre de l’amicale des algeriens en europe.
    Les chauffeurs de taxi ont apprécié le discours de Gaudin en leur faveur.Ils précisent qu’Attali est socialiste,ils en veulent donc par ricochet au représentant socialiste(GUERINI).Il faudrait donc tenir un discours clair précisant que nous savons qu’une licence de taxi a couté très cher à son propriétaire(jusqu’à 150 000euros) et que s’il y’a réforme , il faut que cette licence soit remboursée.Si cette voie qui est suivie,ils seront satisfaits.
    Je rappelle qu’il est urgent de les rassurer car ce sont des relais importants.
    Nous avons un dossier de prêt qui peut etre remis à Michèle Tregan,concernant « l’epanouissement de l’enfant de sa naissance à son intégration économique ».Si la mairie « passe » à gauche,les 3 institutions(Mairie,CG,CR) seraient sur la meme ligne ,on pourrait ainsi créer la chaine de la réussite.Les problèmes de violence et d’int »gration seraient réglés en aval,par un travail planifié en amont(2 mandatures)
    Le problème des « Dys »(dyslexie,sysphasie,dysphonie et autres hyperactifs) toutes pathologies en rapport avec les troubles de l’apprentissage qui représentent 5% de la population scolaire.C’est enorme et les parents , les enfants et le monde enseignant souffrent et se sentent incapables de gérer.Sans augmenter le déficit de la sécu,il suffit simplement de réorienter certaines lignes budgetaires pour detecter et aider efficacement à l’integration de ces enfants.Les solutions existent.Il est à la disposition de Michel Tregan.Le discours sur la reussite scolaire des enfants interesse tous les parents,comme les problèmes d’orientation scolaire ou universitaire.1 conseiller d’information et d’orientation pour 1400élèves!!! Ce qui induit notamment que sur 100 bacheliers inscrits en université 5 obtiennent une licence.
    Je me tiens à votre disposition pour tout »conseil marketing »pour toucher efficacement certaines populations de votants.Je peux apporter un soutien actif dans les 1er,2em,10 et 16e arrondissement notamment
    Djamel Ramtani,collaborateur de Simone Veil(2ans),alors ministre des affaires sociales de la ville et de la solidarité
    04 96 11 57 32

  4. 12 février 2008 à 18:26
    slim dit :

    Le gros problème de Marseille, de son développement et de son rayonnement est qu’elle se trouve dans un pays avec une tradition jacobine et centralisatrice complètement archaïque qui ne mine pas également l’ensemble du pays. Il suffit de regarder des métropoles comme Barcelone, Milan, Zürich, Munich ou bien Francfort pour se rendre compte que Marseille, pourtant deuxième ville française, fait figure de petit joueur au sein de l’Europe. Marseille est complètement asservie à Paris, comme d’ailleurs le reste du pays. Tout se décide à Paris, tous les médias nationaux sont à Paris et ressemblent parfois à des chaînes locales franciliennes, les chaînes locales doivent demander la bénédiction de bureaucrates parisiens pour pouvoir émettre dans LEUR région ou plutôt ville (le cas de radio gazelle le démontre et d’ailleurs vous remarquerez que le nombre misérable de chaînes locales qui existent se cantonnent à des villes, ce qui est l’application de la célèbre formule diviser pour mieux régner), toutes les voies de communications convergent vers Paris, toutes les grandes manifestations culturelles se déroulent à Paris du moins si l’on en croit la presse et la télévision (le cas de Paris 2012 illustre pathétiquement mes propos), la réussite serait seulement possible à Paris…. Bien loin de prôner un anti-parisianisme primaire (mais plutôt une décentralisation REUSSIE et ENTIERE qui manque cruellement à la France), j’ai la conviction que Marseille ne sera une métropole respectable et respectée, et ne connaîtra une véritable expansion que si elle conduit un politique de RUPTURE et d’AUTONOMIE à l’égard de Paris pour se rapprocher de sa zone géographique, c’est-à-dire le sud de l’Europe et la Méditerranée (et pas l’Ile de France ou les Hauts-de-Seine [Gaudin]) et de grandes villes telles que Barcelone, Milan ou Gênes. Il faut par conséquent une municipalité mais aussi une région forte qui puisse décider de son propre avenir sans en référer systématiquement à des personnes confinées dans un bureau parisien, et pas les « pseudo-régions » que l’on a à présent. Il n’y a qu’à voir la Saxe, la Lombardie, la Bavière ou la Catalogne pour le comprendre. La question qui se pose donc est : Qui osera susciter ce débat passionnant, en faire un thème central, car il est ? Je suis sûr que Marseille doit jouer ce rôle. On entend les candidats vouloir que Marseille soit à la hauteur de Barcelone, mais comment cela est-il possible pour une deuxième ville dans un pays où Paris nous étouffe tous ? Qu’en est-il dans leur programme ? Lequel des deux met l’accent dessus ? (aucun je le crains)

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