« Marseille s’est créée autour de son port, c’est le fondement de sa culture »
Par JNG, à 20:10
Agenda, Culture, Economie, Environnement, Général, Histoire, Impôts, International, Logement, Marseille, Municipales, Social, Transports
Je suis venu aujourd’hui prendre connaissance sur le terrain de la réalité du fonctionnement du port. Ce n’est pas, vous vous en doutez, un terrain nouveau pour moi. Elu de ces quartiers portuaires qui ont abrité des générations de marins et des centaines d’entreprises portuaires, le port est pour moi un paysage familier. Mais le transport maritime a changé et va encore changer de manière spectaculaire et ces retours aux sources sont toujours très instructifs.
Marseille s’est créée autour de son port, c’est le fondement de sa culture, ce sont les racines de son économie.
40.000 emplois, dont la moitié à Marseille, c’est cela aujourd’hui le port de Marseille. Et, à l’heure d’une croissance mondiale forte, d’un développement extraordinaire des échanges dont 80% ont lieu par voie maritime, le Port est un potentiel de développement économique très important qu’on doit encourager et accompagner. Bien des villes aimeraient avoir un espace portuaire comme le nôtre, qui est un bien inestimable.
Le maire sortant a découvert que la ville avait un port lors du conseil municipal du 12 novembre et qu’il était une réalité économique, mais les tentations d’occuper les espaces portuaires pour permettre à l’urbanisation de s’étendre au bord de mer sont toujours là. Parallèlement, Jean Claude Gaudin veut conserver les ressources générées par le port et faire main basse sur les ressources des intercommunalités voisines sièges d’unités du port, le SAN, la CAOEB. Je m’oppose pour ma part à cette vision immobilière qui ne voit que les avantages d’être au bord de mer en laissant supposer qu’on peut transférer l’essentiel de l’activité industrielle à FOS.
Personne ne met en cause, heureusement d’ailleurs, l’importance des bassins de Fos même si on pourrait aller plus vite dans son développement. Mais, c’est l’existence des bassins de Marseille qui nous permet de compléter l’offre, d’être le premier port polyvalent de Méditerranée, accessible à tous les trafics. Savez-vous que les bassins de Marseille sont aussi productifs que ceux de Fos, qu’ils accueillent autant de navires que ceux de Fos, qu’ils emploient autant de monde par escale que ceux de Fos?
Je m’oppose, aussi, à cette conception étriquée de l’intercommunalité, mise en avant par le maire sortant, motivée non pas par un souci de mise en cohérence mais par le seul intérêt d’une manne supplémentaire.
Le port de Marseille, je le répète, c’est le meilleur atout économique de l’agglomération et de la Ville, bien qu’il ait pris du retard sur ses concurrents, et que son potentiel soit insuffisamment utilisé. Il mérite mieux que des discours, il exige une mobilisation pour profiter pleinement du développement des échanges avec ses retombées en terme d’activités et d’emplois.
Le renouveau du port de Marseille–Fos est donc pour moi un objectif stratégique évident.
Je suis persuadé que le Port, et je parle ici de l’ensemble du Port avec ses bassins Est et Ouest sera, dans cette période d’extraordinaire développement des échanges mondiaux, la carte maîtresse de notre économie. Notre responsabilité collective est de ne pas manquer les rendez vous qui s’annoncent, de ne pas rester dans une progression médiocre au regard des possibilités.
J’ai dit ce matin aux professionnels que j’ai rencontrés, qui sont les vrais acteurs de cette activité, qu’ils ont en ce moment des responsabilités particulières et que la prospérité de leurs entreprises sera l’indicateur de la réussite collective. Le développement des trafics, des lignes maritimes, c’est maintenant qu’il faut s’en préoccuper, sinon ce sera trop tard, les choix sont à faire aujourd’hui.
Il faut conforter la place de Marseille dans le peloton de tête des ports européens.
Il faut l’aider à réaliser ses investissements. Un vrai projet 2008-2013 pour le Port et la Ville est à établir et pas seulement quelques idées à la faisabilité incertaine pour dans 15 ans. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas élaborer de grands projets ou de grandes idées pour l’avenir mais cela ne doit pas être un prétexte pour ne rien faire en attendant car l’objectif premier c’est l’économie et l’emploi
Je partage pour ma part les axes stratégiques proposés pour les bassins Est par le Port pour le développement économique (croisières, conteneurs, transports des marchandises par camions embarqués le Ro-ro, réparation navale au sens large, voitures…..) qui nécessite la totalité de l’espace dévolu au port. Cet espace est même plutôt insuffisant par rapport aux besoins et aux perspectives.
J’ai confiance dans le port, ses équipes, ses agents pour réussir ce projet économique et convaincre les opérateurs ; confiance aussi pour un dialogue ouvert avec les collectivités sur les enjeux, les choix, les priorités et les moyens à réunir.
La réforme tant annoncée par le gouvernement peut elle aider à la réussite de ce projet économique ambitieux, pour développer l’emploi, pourquoi pas ? Les exigences de productivité du transport maritime font que le fonctionnement du port de Marseille ne peut plus, et je suis prêt à l’admettre, s’écarter de celui de ses principaux concurrents. Mais je vois dans le tapage fait autour de ce texte une nouvelle illustration de cette habitude actuelle d’installer le débat ou la polémique sur des sujets réels mais qui ne sont manifestement pas les premières priorités, pour éviter de s’attaquer aux vraies questions déterminantes.
Dans le cas du port, c’est bien le projet industriel, le niveau d’équipement à offrir, le plan pour la prochaine décennie et les moyens qu’on se donnera pour le réaliser qui sont essentiels. L’Etat ne peut, ainsi, se retirer et doit conserver un rôle de garant de l’intérêt général et de partenaire financier.
L’expérience des autres ports européens démontre qu’aucun privé ne finance les infrastructures (routières, ferroviaires et portuaires) qui sont toujours à la charge de la puissance publique. Je ne pense pas, ainsi, que le port puisse coûter moins cher à l’Etat et aux collectivités. La ville et je m’y engage, le conseil général et la région doivent accompagner les projets d’investissement indispensables à ce développement. L’Etat doit continuer à jouer pleinement son rôle de partenaire dans le financement des équipements et infrastructures.
Je serai en tout cas très vigilant, et l’empressement de Jean-Claude GAUDIN, à faire cette réforme urgente des ports ne cache-t-il pas, uniquement, la volonté de régler un compte avec les dockers et les agents portuaires et de disposer de précieuses réserves foncières. C’est une question qu’on peut se poser.
Réforme oui, mais dans la concertation, et surtout ne bradons pas ce joyau économique à des intérêts financiers et immobiliers.






Sylvain Morazzani dit :
Ce qui vient d’être dit est tellement évident: le port est un atout formidable pour Marseille. Le développement ne doit pas être stoppé mais il faut persévérer pour le rendre plus fort, pour le moderniser, pour favoriser un dialogue social rénové. D’ailleurs ce point n’est pas vraiment évoqué dans ce message. J’attend des prises de position de JNG sur ce point.
Le port est le meilleur atout économique de Marseille est une vérité qui pendant longtemps a été écartée.
L’expression « fondement de la culture de la ville » est appropriée.
Le constat est très bon. J’espère que nous aurons des propositions plus précises sur comment relancer l’économie portuaire au mois de Janvier.